Pour l’avenir de la sauvegarde

 

La question de la sauvegarde de l’art français se pose avec une acuité toute particulière à l’heure où les impératifs de productivité économique et le rythme des progrès technologiques tendent à nous détourner d’une histoire dont nous sommes pourtant les héritiers.

Ainsi de nombreux monuments et objets d’art qui appartiennent
aux communes de France – notamment les plus rurales et les plus
isolées – risquent-ils aujourd’hui de disparaître, faute d’entretien.

Pourtant, plus que jamais, il apparaît nécessaire d’assurer la
pérennité de notre héritage patrimonial, afin de garantir le rayonnement
de la culture française et de conserver la mémoire d’un
passé qui a façonné notre civilisation. Par sa force esthétique et
sa puissance d’évocation, le patrimoine de la France constitue
pour tous un point d’ancrage matériel dans les périodes instables
et, plus généralement, contribue à la qualité de vie de l’ensemble
des Français.

La revitalisation de ce patrimoine nécessite autant de faire
prendre conscience aux Français du bien-fondé de tels objectifs que
de conduire une vraie politique de préservation adossée à une stratégie
concrète de remise en état de nos biens historiques. Ce sont
les conditions indispensables de la transmission du patrimoine
français aux générations futures – et, en somme, la double mission
que s’est donnée la Fondation pour la Sauvegarde de l’Art Français.
La campagne que la Fondation entreprend, depuis maintenant
sept ans, auprès d’étudiants et de lycéens afin de les éveiller aux
enjeux de la conservation du patrimoine, constitue une preuve
tangible de l’actualité et de la pertinence du but qu’elle s’est fixé.
Elle montre en outre que les questions liées à la restauration et
à la mise en valeur des trésors du passé peuvent susciter un très
large intérêt, pour peu qu’elles fassent l’objet d’un véritable travail
de sensibilisation.

En particulier, depuis quelques années, la Fondation s’est donné
comme priorité la préservation du patrimoine religieux des
communes de France. En effet, outre son importance quantitative,
ce patrimoine se démarque par sa grande diversité : biens
mobiliers et immobiliers, biens bâtis et non bâtis, ouvrages d’art
et monuments naturels. En outre, il se compose de bâtiments
particulièrement vulnérables : de nombreuses églises et chapelles,
qui ont connu une diminution importante de leur fréquentation
du fait de l’exode rural et de la baisse de la pratique religieuse,
exigent un entretien dont le coût est de moins en moins supportable
pour les communes.

Or l’impossibilité pour la majorité de celles-ci d’entretenir leur
patrimoine sur leurs ressources propres rend nécessaire l’intervention
de concours extérieurs : d’abord, ceux de l’État et des
collectivités territoriales ; ensuite, ceux du mécénat privé, dont
relève la Fondation pour la Sauvegarde de l’Art Français.
C’est dans ce cadre que s’inscrit l’appel aux dons de la Fondation,
comme ceux de bien d’autres associations. Leur rôle n’est pas seulement
de recueillir des fonds et d’en faire usage conformément
à leur objet, mais avant tout de permettre au plus grand nombre
de Français possible de s’associer à leur action.

Le présent rapport d’activité de la Sauvegarde, qui rend compte
de tout ce qu’elle a accompli en 2019, a pour objet de faire connaître
à ses amis et partenaires les services qu’elle ne cesse de s’efforcer
d’offrir aux responsables publics et privés en matière de préservation
de nos trésors nationaux.

Nous espérons qu’il saura vous convaincre de la soutenir et de
la rejoindre.

«L’architecture est le grand livre
de l’humanité, l’expression principale
de l’homme à ses divers états de
développement, soit comme force,
soit comme intelligence. »

victor hugo