Un siècle d’engagement, De nouveaux défis à relever

En 2021, la Sauvegarde de l’Art Français a fêté son premier centenaire.

Le bilan de cent ans d’activité de la Sauvegarde de l’Art Français
au service de la beauté, des arts et de nos territoires, témoigne
de l’efficacité de son engagement et de son acharnement à le
poursuivre sur le long terme. C’est un enseignement et un exemple pour l’avenir qu’il importe de faire connaître. Une jeune archiviste, Chloé Demonet, ancienne élève de l’École des chartes a décidé de raconter comment, à la suite du duc de Trévise et de la marquise de Maillé, des hommes et des femmes engagés ont su empêcher que ne disparaissent des pans entiers de notre patrimoine que, sans leurs interventions, nous ne pourrions plus admirer aujourd’hui. Ce retour sur le passé est riche d’enseignements qui nous encouragent à poursuivre la même voie et nous apprend comment préserver et embellir notre environnement dans un monde qui ne cesse de changer. L’occasion de célébrer le centenaire de la Sauvegarde a été, pour elle, celle de s’interroger sur son rôle au service du clos et du couvert de notre patrimoine religieux. Pour cela, elle a organisé un colloque à l’Institut National du Patrimoine qui a permis de mettre en valeur l’importance et l’intérêt des conseils qu’elle peut rendre aux maîtres d’ouvrages, pour des restaurations de qualité. Un second colloque, tenu à la Sorbonne cette fois-ci, a eu pour objet la question de la connaissance et de l’entretien du patrimoine mobilier de nos communes, même les plus petites, patrimoine accessible gratuitement à tous, mais néanmoins trop souvent méconnu et abandonné. Pour lui porter secours, la Sauvegarde organise depuis huit ans avec un succès toujours croissant, une grande campagne menée sous le vocable du Plus grand musée de France, qui mobilise tous ceux qu’elle peut intéresser, à commencer par des écoliers et des étudiants comme ceux de la Sorbonne. Enfin, un troisième colloque a clos l’année du centenaire au palais du Luxembourg, où la Sauvegarde a eu le grand honneur d’être accueillie par le Sénat, pour traiter de l’avenir de nos églises rurales. En introduisant le colloque, le Président du Sénat, monsieur Gérard Larcher, a remercié la Sauvegarde de l’Art Français « d’être toujours animée d’une même passion, celle de préserver et de
faire vivre le patrimoine des communes… incarné le plus souvent
par l’église du village », ajoutant : « c’est l’une des conditions de
survie de la ruralité dont le Sénat est l’interlocuteur privilégié ».
Et enfin : « car une église n’est pas un bâtiment comme un autre,
elle est l’âme d’une commune, elle est sa vie ». À sa suite, madame Jacqueline Gourault, Ministre de la cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, a repris toutes les raisons pour lesquelles l’ensemble des questions que le colloque devait aborder est d’un intérêt capital pour son ministère et pour l’avenir de notre pays. Et, à cause de cela, la Ministre a tenu à ajouter à l’intention de la Sauvegarde : « Je voudrais au nom du gouvernement vous remercier, chaleureusement, pour cette action indispensable que vous menez depuis tant d’années, toujours avec le même engagement, toujours avec le même attachement à notre patrimoine français, aux patrimoines de nos campagnes ». Cet engagement qui est le nôtre, avec nos amis et grâce à eux, forts désormais des encouragements des pouvoirs publics, manifestés à l’occasion de notre centenaire, nous le poursuivrons.

« Même planté dans un coin perdu,
chaque édifice est un arbre qui fait
partie de la grande forêt nationale,
un arbre qui a frémi aux souffles
formidables de notre passé, chacun
d’eux devrait être indéracinable,
intangible, sacré. »
Duc de Trévise, note sur l’elginisme, s.d. [1927].