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De la ruine à la renaissance : La chapelle templière de Libdeau sauvée de l’oubli

Fondée en 1165 en Meurthe-et-Moselle (54), la chapelle templière de Libdeau constitue un exemple rare d’architecture médiévale liée à l’ordre du Temple. Engagée aujourd’hui dans un vaste programme de restauration, elle bénéficie notamment du soutien de La Sauvegarde de l’Art Français, aux côtés de partenaires publics et privés.
L’édifice se distingue par la finesse de ses supports, où les nervures des voûtes d’ogives retombent sur des chapiteaux sculptés à corbeille et astragale, portés par de fines colonnes engagées. La lumière naturelle y est savamment orchestrée grâce à une rosace en façade occidentale, des baies à meneaux dans la nef, ainsi qu’une large baie à trois lancettes au chevet, surmontée d’un oculus. Au XIVᵉ siècle, la façade est enrichie d’un portail en plein cintre, actuellement conservé au musée des Beaux-Arts de Nancy.
Une chapelle templière en restaurationDu Temple à l’ordre de Malte : une histoire mouvementée
La commanderie de Libdeau bénéficie à l’origine du soutien des évêques de Toul. Comme l’ensemble des biens templiers, elle est profondément marquée par la suppression de l’ordre du Temple lors du concile de Vienne. Elle est alors attribuée à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, futur ordre de Malte.
Malgré cette continuité institutionnelle, la commanderie connaît plusieurs épisodes de déclin, notamment des pillages en 1342 et son rattachement à la commanderie de Xugney à la fin du XVIᵉ siècle. Progressivement, le site perd sa vocation religieuse. Bien que la chapelle reste desservie par les capucins de Toul jusqu’à la Révolution, elle n’est plus occupée par des religieux.
Nouveaux usages après la Révolution
Vendue comme bien national, la chapelle est profondément transformée pour répondre à des usages agricoles. Un mur central est alors construit, séparant les deux premières travées — utilisées comme grange — du chœur converti en habitation.
Ces transformations altèrent durablement l’édifice. Délaissée à partir de 1938, la chapelle connaît une dégradation progressive : effondrement partiel de la toiture et des voûtes, fragilisation des maçonneries, disparition des décors — malgré la présence de vestiges de peintures murales.
Quand l’engagement collectif sauve le patrimoine
Face à l’urgence de la situation, le Comité pour l’étude et la restauration de la chapelle templière de Libdeau est créé en 2011. L’association acquiert l’édifice en 2012 pour un euro symbolique et engage dès 2013 une première campagne de travaux visant à le mettre hors d’eau.
Cette opération a pu être menée grâce à l’appui de nombreux partenaires, dont La Sauvegarde de l’Art Français, engagée dans le cadre du legs Maillé et du Prix Pèlerin.
Au cœur du chantierUn soutien décisif pour une restauration durable
Une seconde phase de travaux est en cours. Elle concerne la restauration de la charpente et des maçonneries, ainsi que la restitution d’un beffroi attesté historiquement. Ce chantier mobilise les institutions publiques, les collectivités territoriales et des entreprises locales engagées dans une démarche de mécénat de compétences.
Consciente de l’intérêt patrimonial majeur de la chapelle, La Sauvegarde de l’Art Français a décidé d’apporter une aide exceptionnelle de 40 000 €, permettant la réalisation d’une couverture en tuiles écailles, plus respectueuse de l’authenticité architecturale de l’édifice.

« Cette chapelle présente un intérêt historique et architectural remarquable, que le comité ne pouvait ignorer. L’octroi de cette aide exceptionnelle s’inscrit dans la continuité des actions de préservation engagées par l’association depuis 2013, qui mesure pleinement les enjeux liés à ce patrimoine. Cette démarche vise également à attirer l’attention sur un édifice rare, qui mérite d’être valorisé, notamment en vue de son classement au titre des monuments historiques. »
NICOLAS LOUAULT, ASSISTANT CHEF DE PROJET – AIDE AUX ÉDIFICES
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