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clamant (92), martyre de saint Etienne - plus grand Musée de France, Sauvegarde de l'Art Français

Laure Béquet, Maëlle Collas Bellenger et Andrea Marie Rose, étudiantes à Sorbonne-Université et à Stanford se mobilisent pour la restauration d’une peinture conservée dans l’église Saint-François de Clamart. Par un don, aidez-les à atteindre leur objectif !

clamant (92), martyre de saint Etienne - plus grand Musée de France, Sauvegarde de l'Art Français

L’oeuvre

Dans un décors vertical dominé par de hauts bâtiments géométriques aux tonalités chair, cette peinture murale met en scène deux épisodes de la vie de saint Etienne, empruntés aux Actes des Apôtres (6, 1-7). Le protomartyr (premier martyr chrétien) y apparaît à deux reprises, identifiables à son auréole dorée, ainsi qu’à sa tonsure et à la dalmatique blanche, vêtement liturgique traditionnel du diacre.

À gauche, Saint Etienne s’adresse à une femme voilée d’une étoffe blanche et un jeune enfant, leur tendant une bourse dans un geste de charité qui illustre sa mission diaconale au service des veuves et des pauvres. La sobriété des attitudes, dépouillées de toute emphase confère à la scène une grande intimité spirituelle, renforcée par la présence calme et attentive des témoins qui entourent le groupe.

La scène de droite, plus austère, annonce subtilement le martyre du saint. Des pierres au sol évoquent sa lapidation. À genoux, le visage tourné vers le ciel, les mains jointes, Étienne accepte son sort, déjà tourné vers sa future vie céleste. À proximité, un bosquet stylisé pourrait faire écho au buisson ardent de l’Exode, symbole de présence divine et d’une révélation qui transcende l’épreuve terrestre.

Le style volontairement épuré, presque ascétique, privilégie la verticalité. Les silhouettes anguleuses répondent aux lignes droites de l’architecture en arrière-plan ancien peuvent faire écho au caractère symbolique et hiératique de l’art sacré jusqu’au Moyen-Âge. Les couleurs acides quant à elles inscrivent délibérément la scène biblique dans une esthétique moderne caractéristique des années 1930. Les bâtiments, qui évoquent autant une Jérusalem symbolique que les HLM contemporains, témoignent donc également d’une volonté d’ancrer le récit sacré dans le langage formel de son temps.

L’histoire

Le choix iconographique n’est pas anodin, il résonne avec le décès récent d’Etienne de Roy, survenu le 5 juillet 1930 lors d’un accident d’avion à quelques mètres de l’église Saint- François-de-Sales. La chapelle du transept droit, où se trouve l’œuvre, fut construite peu avant 1935 sous la direction de l’architecte René Lacourrège, en moins d’un an. Faute de moyens, la décoration intérieure de l’édifice fut alors largement réduite. Une seconde peinture, aujourd’hui perdue, ornait autrefois l’autre chapelle latérale. De ce fait, notre œuvre constitue ainsi l’un des rares décors d’origine conservés dans l’église. 

L’édifice s’inscrit dans le périmètre patrimonial de la Cité de la Plaine, dont la bibliothèque ronde est protégée au titre des monuments historiques depuis 2009. Sa construction s’insère pleinement dans le contexte des « chantiers du cardinal », vaste programme lancé par le cardinal Verdier à partir de 1931 afin de soutenir la construction et l’entretien des églises nouvelles en région parisienne. Dès la seconde moitié des années 1920, de nombreuses paroisses de banlieue bénéficient de cette dynamique de rechristianisation, qui ouvre également des opportunités importantes pour une génération d’artistes, notamment des femmes, à l’image de Mademoiselle Jane.

Aujourd’hui, redonner vie à cette fresque revêt une importance particulière : située au cœur d’une paroisse très fréquentée, elle constitue non seulement l’un des rares témoins du décor d’origine de l’église, mais aussi l’expression d’un langage artistique singulier, marqué par la modernité. Sa restauration permettrait de restituer toute la force spirituelle et esthétique de l’œuvre, et d’offrir à la communauté comme aux visiteurs un patrimoine lisible et authentique. 

La restauration

Le support de la fresque semble en bon état de conservation. En revanche, la couche picturale présente un encrassement généralisé, plus marqué en partie haute. Elle est également affectée par des coulures probablement dues à un ancien dégât des eaux, accompagnées de pertes de matière picturale. On observe par ailleurs des rayures et des lacunes laissant apparaître le support, ainsi que des traces d’anciens adhésifs qui subsistent et nuisent à la lisibilité de l’œuvre.

La restauration proposée vise à améliorer la lisibilité de l’œuvre par un dépoussiérage et un décrassage. Elle comprend également le comblement des lacunes et une harmonisation colorée, ainsi que, si nécessaire, la mise en place d’une protection de surface afin d’assurer une meilleure conservation dans le temps.

Le projet en images

clamant (92), martyre de saint Etienne - plus grand Musée de France, Sauvegarde de l'Art Français

clamant (92), martyre de saint Etienne - plus grand Musée de France, Sauvegarde de l'Art Français

clamant (92), martyre de saint Etienne - plus grand Musée de France, Sauvegarde de l'Art Français

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