Grand Est, Marne (51)
Fromentières, Retable Flamand
Mobilier

Cette œuvre est la lauréate pour sa région du concours Plus Grand Musée de France mené de septembre 2025 à février 2026 par Allianz France et la Sauvegarde de l’Art Français. Elle va bénéficier d’un mécénat de 8 000 euros offert par Allianz France pour sa restauration.
Située au cœur de la campagne, la commune de Fromentières charme par son authenticité et son patrimoine. L’un de ses trésors les plus remarquables se trouve dans son église, qui abrite un exceptionnel retable flamand datant du XVIᵉ siècle. Réalisé en bois dur — probablement du chêne de la Baltique — ce retable sculpté et peint illustre le style gothique flamboyant. Sa richesse iconographique et la finesse de ses détails en font une œuvre unique dans la région, témoin du rayonnement artistique de l’époque.
L’œuvre
Le joyau de l’église de Fromentières est donc sans conteste son remarquable retable flamand, chef-d’œuvre de l’école allemande de Nuremberg. Réalisé à Anvers au XVIᵉ siècle, il est orné de minuscules mains — emblème de la ville — apposées sur chacun des 150 personnages sculptés et peints qui le composent. Le retable encadre plusieurs panneaux représentant des scènes de la Passion du Christ, répartis dans des épisodes tels que l’entrée à Jérusalem, la Cène, la Crucifixion ou encore la Résurrection. Témoignage exceptionnel de l’art gothique flamboyant, ce retable a été acquis par les membres de la fabrique le 6 juin 1715 pour la somme de 12 pistoles (équivalent de 4 000 € en or actuel, environ 10 000 € en pouvoir d’achat historique). Classé au titre des Monuments historiques par arrêté du 6 août 1881, il continue d’émerveiller par la richesse de ses détails et la finesse de son exécution.
la restauration
Le grand raffinement et la précision qui caractérisent cette œuvre exigent une restauration afin de lui permettre de resplendir à nouveau. Actuellement, l’ensemble présente un encrassement important, des traces d’humidité et une polychromie très altérée, presque effacée par endroits. Deux figurines manquent également : la Vierge à l’Enfant, dans la scène de l’Adoration des Mages, et le Christ, dans la scène de la Flagellation. Leur remplacement est envisagé à l’aide de figurines en plâtre, restituées dans le respect de l’harmonie de l’œuvre. Cette restauration a pour objectif de redonner toute sa splendeur et sa lisibilité à ce chef-d’œuvre du gothique flamboyant, témoin exceptionnel de plus de cinq siècles d’histoire.
