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Chaque lundi, la Sauvegarde de l’Art Français sélectionne pour vous 5 informations phares de la semaine. L’occasion de revenir sur l’actualité du patrimoine à ne pas manquer !

Actu du Patrimoine - Toulouse Toulouse - Place Salengro - Crédits : Didier Descouens

Cinq nouveaux territoires labélisés Villes et Pays d’art et d’histoire

La semaine dernière, Franck Riester, ministre de la Culture, a attribué le label Villes et Pays d’art et d’histoire (VPAH) à cinq nouveaux territoires : Calais, Bonifacio, Lunéville, Toulouse et les communautés de communes Villefranche-Beaujolais-Saône et de Beaujolais-Pierres-Dorées. Créé en 1985, le label est conféré à toutes les communes ou groupements de communes qui s’engagent dans une politique de sensibilisation des habitants, des touristes et du jeune public à la qualité du patrimoine, de l’architecture et du cadre de vie. Sur proposition du Conseil national des Villes et Pays d’art et d’histoire, ces cinq territoires vont pouvoir coordonner la dynamique de leur territoire autour de la valorisation du patrimoine, le paysage et l’architecture du XXe siècle pouvant également faire partie de celle-ci. Ainsi, l’attribution du label leur incombe des objectifs adaptés à leur territoire : intégrer des populations nouvelles, préserver la qualité paysagère, enrichir la connaissance, ou encore conduire des projets pour transmettre des histoires et savoir-faire. À ce jour, le réseau compte désormais 123 Villes d’art et d’histoire et 72 Pays d’art et d’histoire.

L’entretien du patrimoine : un sérieux manque de moyens

Un mois après l’incendie de Notre-Dame, le patrimoine fait l’objet d’une réflexion identitaire profonde : restauration, budget alloué, entretien, valorisation, autant de thématiques que questionnent Alexandre Gady, professeur d’histoire de l’art à Paris-Sorbonne et Président de l’association Sites & Monuments et François de Mazières, maire de Versailles et ancien conseiller culture à Matignon. Les moyens déployés par l’État seraient-ils insuffisants ? Sur les 6 milliards d’euros alloués à la culture, entre 320 et 340 millions sont consacrés chaque année au patrimoine, soit seulement 5% du budget. Une chute libre que les experts dénoncent, d’autant plus que les communes, propriétaires de 50% du patrimoine protégé, ont des difficultés à recevoir d’importantes subventions. Dilemmes pour de nombreux maires, le devenir du patrimoine, hélas, ne repose pas uniquement sur le financement : sa transformation se retrouve bien souvent au cœur des débats. Restauration, reconstruction, réhabilitation peuvent toutes trois s’avérer être de vraies menaces si elles ne sont pas dûment réfléchies et supervisées. Outre la préservation du patrimoine, ces pratiques répondent à un souhait de l’inscrire dans le quotidien des Français.

Les statues rescapées de Notre-Dame présentées au public tous les samedis

Cinq jours avant l’incendie de Notre-Dame de Paris, les seize statues avaient été miraculeusement décrochées en vue de la prochaine restauration des couvertures. Représentant les douze apôtres et les quatre évangélistes, elles ont échappé de peu au pire. En effet, composées de fer et de cuivre et positionnées en bas de la flèche, elles auraient été en plein centre du foyer et auraient été « irrécupérables » par la fonte du cuivre, selon Patrick Palem, président de la SOCRA, société spécialisée dans la restauration de monuments historiques. Localisée à Marsac-sur-l’Isle en Dordogne, la SOCRA est d’ailleurs en charge de leur restauration, à laquelle s’est ajoutée depuis l’incendie, celle du coq de la flèche, récupéré dans les décombres et celle de trois lustres de la nef. Désormais stockées dans cet atelier jusqu’en 2022, les statues du XIXe siècle sont exceptionnellement exposées au public tous les samedis du mois de mai gratuitement.

Quand le moderne jaillit de l’ancien : plaidoyer d’une certaine restauration

Au cœur des médias, le devenir de Notre-Dame confronte deux écoles : celle pour une restauration à l’identique, celle pour une reconstruction moderne. Alors que la première défend une restitution voire une reconstitution scientifique, la seconde prône un geste architectural nouveau. La polémique semble rallier sur un seul point : la patrimoine nous anime et plus encore, il nous inspire. L’article propose un récapitulatif international des édifices connus ou reconnus depuis l’empreinte d’architectes contemporains : la pyramide de verre au Louvre, le béton brut au musée des Beaux-Arts à Lille, des pierres neuves dans le temple d’Angkor, la coupole vitrée du Reichstag… Toutefois, la modernité a ses limites, lorsque des restaurations trop audacieuses portent défaut au monument originel, comme ce fut le cas pour la cathédrale de Bagrati en Géorgie, sorti de la liste du patrimoine mondial par l’Unesco, pour avoir perdu son authenticité.

Une brigade d’experts au service des monuments historiques

Ils sont chimistes, ingénieurs, physiciens, microbiologistes ou encore géologues. Leurs missions est de tester la matière, en vue de livrer un diagnostic, puis de conseiller le meilleur traitement en fonction des altérations observées. En effet, la brigade d’experts du Laboratoire de recherche des monuments historiques, en Seine-et-Marne, traite la pierre comme un médecin traiterait la peau, dans le souhait ultime de la « guérir » sinon de la comprendre, explique Aline Magnien, conservatrice générale du patrimoine et directrice du laboratoire. Identifiant les multiples causes de dégradation des matériaux, leurs études les amènent aujourd’hui à questionner de plus en plus, l’impact de la présence humaine sur les sites historiques. Hébergé au château de Champs-sur-Marne, le laboratoire compte 23 spécialistes, qui selon leur compétence, analysent divers environnements : du cairn de Gavrinis dans le Morbihan aux fresques murales de la chapelle Saint-Blaise-des-Simples à Milly-la-Forêt, dans l’Essonne. L’an prochain, le laboratoire fêtera d’ailleurs ses 50 ans : des années de travail à partir d’échantillons propices à de formidables découvertes et de restaurations maîtrisées.