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En cours de restauration, L’Adoration des Bergers est une toile monumentale qui est pourtant restée dans l’ombre jusque récemment. Après une redécouverte fortuite et en parallèle des recherches lancées par des historiens de l’art, la toile a été classée au titre des monuments historiques et la ville d’Évry, propriétaire, a obtenu des financements publics et privés pour mener à bien la restauration.

Une découverte inédite

Lors d’une visite à l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d’Évry, l’historienne de l’art Mylène Sarant est interloquée par une grande toile conservée un peu à l’écart dans le bras sud du transept. Elle y reconnait le style de Simon Vouet (1590-1649) et se lance dans un travail de recherche et d’identification de l’œuvre. Elle découvre ainsi un dessin préparatoire, conservé au Fogg Art Museum (Harvard Art Museums), signé du maître et qui préfigure la composition d’ensemble. Grâce à son travail et à celui d’historiens de l’art spécialisés, les zones d’ombre autour de l’œuvre se dissipent peu à peu, et l’attribution à l’école de Vouet, sinon au maître, ne fait plus de doute.

L'Adoration des Bergers, avant restauration

Retracer le parcours de l’œuvre

Mais comment cette toile s’est retrouvée dans la petite église évryenne ? Autrefois église paroissiale du village d’Evry, elle jouxtait le château de Petit-Bourg (aujourd’hui disparu). Saint-Pierre-et-Saint-Paul ne conserve pourtant pas de trace du don ou de l’acquisition de l’œuvre dans les descriptions contemporaines de Vouet. La trace la plus ancienne de sa présence dans l’église est une carte postale du XIXe siècle. L’œuvre est également citée comme toile du maître-autel dans une note de l’historien Francis Martin (1886).

L’Adoration des bergers était donc bien le tableau d’autel de l’église. Il pourrait avoir été disposé à cet endroit au moment où l’église connaissait des remaniements et adoptait une nouvelle orientation au XVIIe ou au début du XVIIIe siècle. Il fut, on le devine, offert par un mécène fortuné et éclairé, probablement l’un des nombreux propriétaires du château de Petit-Bourg dont le parc jouxtait l’église.
Mylène Sarant, «Un retable de Simon Vouet dans la petite église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d’Évry», Le Papyvore n°47, 2018.

Une restauration pour remettre en valeur la toile

En 2020, la Sauvegarde de l’Art Français et Crédit Agricole d’Île-de-France Mécénat apportent leur soutien au plan de financement de la restauration. C’est grâce à un appel sur les réseaux sociaux lancé par la Sauvegarde que Mylène Sarant propose l’œuvre au programme Le Plus Grand Musée de France mené en partenariat avec le Crédit Agricole Île-de-France. L’aide ainsi apportée, en plus des financements octroyés par la DRAC, le département et la ville d’Évry, permet de démarrer la restauration.

L'Adoration des Bergers (91) Sauvegarde de l'Art Français

L’Adoration des Bergers est dans un état de conservation global plutôt satisfaisant au vu de son âge et de l’absence de restauration antérieure. Le retrait du vernis ainsi qu’un décrassage général vont redonner de l’éclat aux couleurs de cette Adoration, tandis qu’une restauration du support et du châssis va permettre de retendre la toile. Le cadre, constitué d’un habillage de planches décorées, pourra également être restauré.

La restauration achevée, L’Adoration des Bergers pourra regagner l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d’Évry et sera inaugurée avec tous les acteurs de la découverte et de la restauration, en présence bien sûr des habitants d’Évry qui peuvent se réjouir de ce trésor dans leur église.

Une restauration permise grâce à