La soirée du Cercle des Mécènes s’est tenue le 27 janvier au siège de La Sauvegarde de l’Art Français. Chaque année plus nombreux, les participants ont élu les lauréats qui bénéficieront d’un soutien financier pour leur restauration. Une belle illustration de l’implication de nos mécènes.

C’est dans la bibliothèque de La Sauvegarde que s’est déroulé le Prix du Cercle des Mécènes 2025. Du « Plus Grand Musée de France » aux édifices en péril, plusieurs projets ont été présentés à l’assemblée. L’équipe de la Fondation, aux côtés du professeur et historien de l’art Philippe Plagnieux, a valorisé ces initiatives patrimoniales.

Chapelle, escalier d’abbaye ou encore Vierge à l’Enfant… À l’issue du vote, ce sont finalement le Retable du Maître-Autel d’Épiais-Rhus (95) et l’église Notre-Dame de Salmaise (21) qui ont été sélectionnés. Leur restauration sera rendue possible grâce à la généreuse contribution des mécènes, à hauteur de 15 000 € pour le retable et de 25 000 € pour l’église.

La soirée a réservé une agréable surprise ! Au moment de la clôture des votes, une mécène a souhaité soutenir personnellement un troisième projet, qui s’est vu attribuer une mention spéciale : un Olifant en ivoire du XIVᵉ siècle, conservé dans la collégiale Saint-Jacques-le-Majeur de Sallanches (74), sa commune d’origine.

Philippe Plagnieux, professeur d’histoire de l’art médiéval à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l’École nationale des chartes, et Pauline de Poncheville, directrice du « Plus Grand Musée de France », présentent le retable à l’assistance.

1er lauréaT Retable du maître-autel 15 000 €

À Épiais-Rhus, dans le Vexin, se dresse l’église Notre-Dame, édifiée entre 1570 et 1590 dans un style Renaissance homogène. Classée monument historique, elle abrite un mobilier remarquable, dont dix-huit pièces classées au titre objet.

Le grand retable baroque du chœur, datant de la seconde moitié du XVIIᵉ siècle, est réalisé en pierre polychrome et dorée. Structuré en trois niveaux, il présente des bas-reliefs illustrant des scènes sacrées comme l’Annonciation, la Nativité, l’Adoration des Bergers et l’Assomption de la Vierge. Deux statues encadrent le premier niveau : la Vierge à l’Enfant et saint Didier céphalophore. Le tabernacle est décoré de colonnettes torsadées et de rinceaux, tandis qu’au sommet, un chérubin soutient le Christ en croix.

Ce retable est un témoignage exceptionnel de l’art baroque en Île-de-France. Il a besoin d’être restauré : fissures et joints ouverts favorisent l’humidité, la poussière ternit les couleurs et dorures, et certaines polychromies et dorures se détachent.

Retable du Maître-Autel (XVIIᵉ siècle)
Église Notre-Dame d’Épiais-Rhus

2d lauréat Église Notre-Dame 25 000 €

Témoin de mille ans d’histoire, l’église Notre-Dame de Salmaise fait l’objet d’une restauration ambitieuse, alliant savoir-faire local, préservation patrimoniale et innovation durable. Construite au début du XIᵉ siècle sur le site probable d’un édifice plus ancien dédié à la Vierge Marie, elle a été profondément remaniée au fil des siècles, conservant aujourd’hui son abside allongée, un transept légèrement incliné, un clocher gothique, une crypte et des décors peints.

Bien que la nef ait été reconstruite au début du XXᵉ siècle, le chœur et une partie du transept d’origine ont été préservés. Les fouilles et restaurations des années 1980–1990 ont mis en valeur des éléments romans remarquables, notamment l’arcature interne de l’abside, des chapiteaux inspirés de Dijon et Flavigny, ainsi qu’une crypte sous le sanctuaire, faisant de l’église un témoignage majeur de l’art roman en Bourgogne.

Classée monument historique, Notre-Dame de Salmaise a bénéficié de plusieurs campagnes de restauration avant une interruption de plus de trente ans. En avril 2025, les travaux ont repris, permettant la rénovation de la charpente du XVᵉ siècle, la réfection des couvertures en lave locale, la mise en valeur des vitraux et des découvertes archéologiques significatives.

Église Notre-Dame de Salmaise (XIᵉXIXᵉ siècle)

Mention spéciale Olifant

À Sallanches, en Haute-Savoie, la collégiale Saint-Jacques-le-Majeur possède un Olifant en ivoire du XIVᵉ siècle, cor à un seul son utilisé autrefois pour la prière ou la chasse. Rare et précieux, il est décoré de bracelets en bronze ciselé et présente des fissures et traces de corrosion. Une restauration spécialisée est requise.

Olifant (XIVᵉ siècle)
Collégiale Saint-Jacques-le-Majeur de Sallanches

Prix du cercle des mécènes 2024

Découvrez le lauréat et les deux autres projets primés