Des remises de prix hors norme pour sauver le patrimoine
Entre avion historique, embarcation traditionnelle et retable DÉFENDU PAR TOUT UN VILLAGE, la cinquième édition du « Plus Grand Musée de France » avec Allianz a offert à l’équipe de la sauvegarde de l’art français des remises de prix aussi insolites qu’émouvantes.
Après une mobilisation record, 16 œuvres ont été sacrées lauréates du concours « Le Plus Grand Musée de France » avec Allianz et recevront chacune 8 000 € pour leur restauration. Cette édition restera surtout dans les mémoires pour ses remises de prix inédites : à bord d’un Flamant, sur le lac Léman ou encore dans la commune de Poilly-sur-Serein, dont la campagne de votes s’est jouée jusque sur le parvis de Notre-Dame de Paris.
Le Flamant reprend son envol
Conçu par Marcel Dassault au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Flamant MD-311 F-AZER effectue son premier vol en 1953 et fait aujourd’hui partie des deux derniers exemplaires encore conservés dans le monde.
Propriété de l’association A3A, qui œuvre à la transmission et à la valorisation du patrimoine aéronautique, l’appareil est conservé à Alençon. Le projet prévoit une révision mécanique complète ainsi qu’une remise en peinture dans sa livrée d’origine. À cette occasion, l’équipe de La Sauvegarde a pu embarquer à bord d’un autre avion pour une démonstration exceptionnelle.

Yoye, patrimoine flottant
Amarrée au port des pêcheurs de Thonon-les-Bains, cette embarcation de sauvetage construite en 1920 est aujourd’hui la plus ancienne baleinière du Léman. Véritable emblème de la culture nautique locale, le Yoye a longtemps accompagné les sauveteurs et rameurs thononais lors des grandes courses du lac.
Fragilisée par d’importantes dégradations du bois et plusieurs voies d’eau, la baleinière a fait l’objet d’une restauration complète, lui permettant désormais de reprendre la navigation et de continuer à transmettre les savoir-faire liés à la charpente navale.

Le village qui a défié les grandes villes
Dans l’église de Poilly-sur-Serein, les panneaux peints du retable présentaient d’importantes dégradations, signalées dès 2024 par les conservateurs de la DRAC. Une alerte qui a poussé la commune à se lancer dans l’aventure du PGMF.
Face à des concurrents bien plus importants, dont la ville de Besançon, les 240 habitants ont uni leurs forces : permanences sur les marchés, relais des élus locaux et des paroisses, distribution de flyers devant la cathédrale Notre-Dame. Lors de la cérémonie organisée jeudi dernier, la présidente de l’association Les Compagnons du Serein a salué l’engagement collectif autour du projet : « Nous avons tous vécu trois semaines épiques, mais fédératrices. »

lauréats 2025–2026
Découvrez les 16 œuvres sélectionnées partout en France