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Le village de Bazoches est situé dans la vallée de la Cure, lieu de passage entre la bordure du massif du Morvan et le plateau du Nivernais. Cette vallée, encadrée de deux routes, voie romaine et route de pèlerinage, est jalonnée de chapelles et d’églises situées entre ces deux axes. C’est le cas de l’église de Bazoches, dédiée à saint Hilaire, qui se dresse à l’entrée du bourg sur un petit promontoire et domine la place de la Fédération où se trouve le buste commémoratif de Vauban, seigneur du lieu.

L’édifice primitif, fondé au XIIe s., était rattaché à l’abbaye de Cure établie sur les bords de la Cure vers la fin du IXe siècle. Il est incendié en 1569 par le capitaine huguenot Blosset et presque entièrement reconstruit en style gothique à la fin du XVIe et au XVIIe siècle. Il se compose d’une nef unique, voûtée d’ogives, retombant sur des demi-colonnes, directement engagées dans les murs gouttereaux dont les chapiteaux sont simplement épannelés. La nef est percée,  au sud, d’étroites  fenêtres  modernes en plein cintre. Elle a conservé son dallage du XVIIe siècle.

Au nord, la chapelle des fonts baptismaux, dont la première pierre a été posée en 1688, est dédiée à saint Franchy ; elle s’ouvre sur la première travée de la nef par une grande arcade en plein cintre, garnie d’un gros tore encadré de larges gorges, descendant directement sur des bases prismatiques. Elle est voûtée d’arêtes. Deux autres chapelles, l’une au nord dédiée à la Vierge, l’autre au sud dédiée à saint Sébastien, ont été élevées à l’emplacement du transept primitif. Elles sont respectivement voûtées d’ogives et d’arêtes. La chapelle Saint-Sébastien abrite le caveau familial de Vauban. C’est dans cette chapelle qu’était conservé, jusqu’en 1809, le cœur du grand ingénieur – une plaque de marbre énumère les titres du Maréchal et de son épouse Jeanne d’Osnay – le chœur, exhaussé de deux marches, est terminé par une abside à trois pans percés chacun par une fenêtre surbaissée. Les six nervures de la voûte se rejoignent à la clé. Un très beau maître-autel à gradins, en bois doré et turquoise, offert par Vauban à l’église dans les années 1700 orne le chœur ; il est protégé au titre des Monuments historiques. La grille de communion date également du XVIIe siècle. Un tableau représentant le Christ en croix, un coffre-banc et une statue de saint Sébastien sont inscrits sur l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

La totalité des murs et des voûtes du chœur et des chapelles nord et sud est recouverte de peintures murales au pochoir représentant des végétaux, des croix, des fleurs de lys, des faux joints, des étoiles, des monogrammes, des décors de tentures. L’ensemble de ce décor peint a été exécuté en 1899 par Raphaël Bodin, peintre-décorateur de Bourges, qui a travaillé dans plusieurs églises de la Nièvre. Les murs de la chapelle de la Vierge sont ornés du monogramme AM, sans doute celui de Alphonse Millereau, membre d’une famille anciennement implantée à Bazoches. Les peintures de la chapelle funéraire de Vauban ont été offertes à l’église par la famille Hurault de Vibraye, descendant des Vauban. La richesse ornementale de ce décor est particulièrement sensible dans le chœur dont la partie basse, sous les fenêtres, s’orne de deux compositions symétriques représentant chacune trois saints : à gauche, Jeanne d’Arc, l’apôtre Philippe et l’archange saint Michel, à  droite,  Henri  II  empereur  d’Allemagne  en  armure, le front ceint de la  couronne  impériale,  saint  Antoine  et  saint  Roch. La Jeanne d’Arc est directement inspirée d’un tableau peint en 1854 par Ingres, Jeanne d’Arc au sacre du roi Charles VII. Ce décor peint est complété par des vitraux historiés ou à décor géométrique, œuvres de Lobin de Tours, datés de 1865. Ils représentent, à gauche, saint Hilaire, au centre, le Christ bénissant et, à droite, saint Louis .

À l’extérieur, la nef et le chœur sont contrebutés par de gros contreforts à glacis. La façade ouest a conservé, en partie, ses structures et son décor roman. Elle est dominée par un important clocher-porche carré, surmonté d’une pyramide en charpente, qui a remplacé une haute flèche détruite par la foudre en 1864. Le clocher est épaulé de contreforts saillants à glacis. Ses quatre faces sont percées de baies géminées romanes avec une colonnette centrale. Le portail s’ouvre sous un arc en tiers-point très dégradé ; il a conservé un linteau décoré d’ un arc en accolade de la fin de l’époque gothique.

En 1996, l’église de Bazoches a bénéficié d’une subvention de 60 000 F de la part de la Sauvegarde de l’Art Français, pour la réfection des couvertures et la restauration d’un claveau de l’arc situé entre le clocher-porche et la nef.

J.M.

Le projet en images