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Situé sur la voie romaine de Sens à Auxerre, le village de Cézy (Cesiacus) est mentionné dans la Vie de saint Loup en 631. C’était le siège d’un prieuré-cure qui, jusqu’à la Révolution, dépendait de l’abbaye Saint-Pierre d’Auxerre, de l’ordre de saint Augustin.
L’église paroissiale, consacrée à saint Loup, est assez imposante : elle est composée d’une longue nef flanquée de collatéraux et d’un chœur à chevet plat. Elle est dominée par la silhouette de sa flèche de charpente qui s’élève au-dessus de la première travée de chœur. Malgré des restaurations importantes au XIXe s., la nef rythmée en trois travées semble bien la partie la plus ancienne, remontant vraisemblablement à la fin du XIIe siècle. Le vaisseau central s’ouvre sur les bas-côtés par de grandes arcades brisées retombant sur des piliers rectangulaires cantonnés de demi-colonnes, elles-mêmes surmontées de chapiteaux à feuilles d’eau et à crochets simples. L’ensemble, éclairé régulièrement  par des fenêtres hautes en plein cintre, a été couvert de voûtes d’ogives en 1868. Les collatéraux percés de baies plus grandes sont eux aussi voûtés de croisées d’ogives surbaissées au XIXe siècle. La façade occidentale est percée d’une porte moderne surmontée d’une fenêtre en plein cintre et d’un trilobe inscrit dans un oculus. En revanche, la troisième travée du collatéral sud est percée d’un portail dont les voussures moulurées en plein cintre reposent sur des chapiteaux à feuilles d’acanthe ; le tympan nu est délimité par quatre arcs trilobés.

Le chœur se compose d’une travée sous clocher, puis d’une travée ouvrant sur deux chapelles latérales en une sorte de faux transept, enfin d’une abside rectangulaire à chevet plat. La travée de chœur qui se trouve sous le clocher de base octogonale reste aveugle ; elle est simplement reliée à ses collatéraux voûtés en berceau continu et contemporains, semble-t-il, de la nef, par un grand arc surbaissé qui paraît bien postérieur. Elle est couverte d’une voûte d’ogives dont la modénature fine, la clef  feuillagée et les chapiteaux à crochets fleuris proposent une datation dans la deuxième moitié du XIIIe siècle. Aux quatre angles de cette travée sous clocher, la colonne engagée qui reçoit le formeret s’achève à mi-hauteur par une tête sculptée (atlante, femme se bouchant les oreilles…). La deuxième travée du chœur fait partie de la même campagne que la première : elle garde les traces de grandes fenêtres, détruites pour créer les chapelles latérales, et même du passage qui courait devant ces baies. Sa clef de voûte polychrome est sculptée d’un évêque entre deux anges. Les chapelles latérales ont été élevées vers la fin du XVIe ou au XVIIe s., comme le prouve la modénature de leurs colonnes et de leurs fenêtres à réseau perpendiculaire (à la clef de voûte de la chapelle nord, sont sculptées les armoiries des Harlay qui possédaient la seigneurie depuis la fin du XVe siècle). Quant à la dernière travée  formant abside, elle est reliée à la deuxième travée du chœur  par un grand arc qui semble être le formeret d’une fenêtre de chevet que l’on aurait supprimée pour agrandir l’édifice vers l’est. Cette dernière travée, de plan rectangulaire à  chevet plat, avec ses chapiteaux à crochets épanouis et sa clef de voûte feuillagée, est aussi du XIIIe s. mais n’a pas de passage devant les fenêtres. Le mur plat de l’abside percé d’une baie à trois lancettes a été refait à la fin de la Renaissance.

Parmi le mobilier intéressant de cette église, on remarque surtout les fragments d’un orgue construit en 1526 par Alexandre des Oliviers et une Pietà en pierre polychrome de la fin du XVe ou du XVIe siècle.

Après deux tranches de travaux exécutées en 1994 et 1999 sans l’aide de la Sauvegarde de l’Art français, la troisième tranche qui a permis la réfection de la charpente, de la couverture du chœur et de la sacristie, ainsi que des reprises aux murs à l’extérieur et à l’intérieur, a été subventionnée en 2001 à hauteur de 22 867 €.

L. S.-P.

 

Bibliographie :

M. Quantin, Répertoire archéologique du département de l’Yonne, Paris, 1868, col. 152.

M. Pignard-Péguet, Histoire de l’Yonne, Paris, 1913, p. 698-700. (Réimpression : Histoire des communes de l’Yonne, 01960 Péronnas, 1998.)

 

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