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La chapelle Saint-Odile, dont le vocable est une contraction de Saint-Odilon de Mercœur, cinquième abbé de l’abbaye de Cluny, est située sur la colline du même nom au sud du monastère. Elle fait partie des lieux de culte qui furent, à Cluny même, dédiés aux saints abbés : saint Odon, saint Mayeul et enfin saint Hugues. Ce dernier succéda à Odilon à la tête de l’abbaye en 1049 et fut enterré dans la grande église abbatiale Saint-Pierre-et­ Saint-Paul qu’il fit édifier à partir de 1088.

La chapelle est connue par la gravure de Louis Prévost datant de 1670 ; située en dehors de l’enceinte médiévale, elle était alors entourée d’un petit cimetière. De taille très modeste, elle ne fut jamais utilisée à des fins paroissiales. Son mur latéral nord apparaît divisé en trois travées. Aujourd’hui, l’édifice n’est plus identifiable dans le paysage urbain, car la totalité de son volume a été inclus dans une « villa » de la fin du XIXe siècle. Seules certaines dispositions intérieures furent conservées, lors de sa transformation en cage d’escalier, au sein de la nouvelle construction. La voûte fut détruite et un palier intermédiaire fut créé. Les travaux réalisés avec l’aide de la Sauvegarde de l’Art français ont permis de dégager une partie du volume intérieur : le plancher intermédiaire a été supprimé, les structures et formes architecturales restaurées.

Si les parements extérieurs de l’édifice sont totalement occultés par l’architecture de la villa, la façade ouest, visible sur la gravure, a cependant retrouvé ses percements : une porte du XVe s. avec son linteau en accolade et deux petites fenêtres en plein cintre, placées assez haut dans la façade, sont de nouveau lisibles à l’extérieur. Le mur de cette façade, construit plus tardivement, n’est pas liaisonné avec les murs latéraux de la chapelle. Il a peut­ être été édifié après la disparition d’une partie occidentale dont l’existence reste hypothétique. Le mur oriental et les murs latéraux nord et sud correspondent à une première campagne que l’on peut attribuer au XIe s., en tout cas avant 1077, date de la première mention écrite de cette église. Le mur oriental est orné de trois arcs : l’arc central, très développé, abrite une grande baie en plein cintre fortement ébrasée, il est cantonné par deux arcs plus étroits. Les trois arcs retombent sur des colonnes engagées très élancées (près de 3,30 m). Elles sont munies de chapiteaux sculptés à tailloir et possèdent des bases attiques très frustes, reposant sur une plinthe continue qui fait le tour de la chapelle. Les chapiteaux ont une facture assez archaïque, leur corbeille est ornée de feuilles et de volutes incisées plus que sculptées. Dans la  première  travée, quatre forts poteaux à aisseliers soutiennent le clocher. La charpente en berceau lambrissé, avec sablières et entraits, vient prendre appui sur une série de corbeaux sculptés (décor de feuillage), eux-mêmes portés par des colonnettes engagées reposant, à mi-hauteur, sur des culs­ de-lampe. Un arc diaphragme sépare la nef du chœur, à voûte lambrissée simple. Les vitraux datent du XIXe s. (saint Louis, sainte Barbe, saint Jean-Baptiste …).

La commune du  Chesne a récemment  procédé, sans l’aide de la Sauvegarde, à la réfection de la toiture de l’église. Pour des travaux de restauration, maçonnerie du chœur et de la nef, rejointoiement du pignon ouest, réparation de vitraux, la Sauvegarde de l’Art français a versé à la commune une subvention de 15 245 € en 2000.

L. D.

Le projet en images

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