Centre-Val de Loire, Eure-et-Loir (28)
Courbehaye, Église Saint-Sulpice
Édifice

L’église Saint-Sulpice de Courbehaye se compose d’un unique vaisseau prolongé par une abside en hémicycle, plus basse et plus étroite que la nef, et précédée à l’ouest d’un important porche. Le clocher, en pierre de taille et couvert d’une toiture en bâtière, présente une architecture typiquement beauceronne avec des baies géminées et des corbeaux. L’édifice conserve en façade une porte murée surmontée d’un arc trilobé datant du XIIIe siècle, tandis que la chambre du beffroi est ouverte par des baies doubles sur chacune de ses faces. L’ensemble, de style roman tardif, révèle une construction progressive, probablement centrée d’abord sur le chœur et l’abside, la nef ayant été ajoutée dans un second temps. Le sanctuaire, plus étroit que le chœur et soutenu par des contreforts, est éclairé par trois baies en plein cintre, tandis que la nef, plus longue, est percée de huit fenêtres.
L’église Saint-Sulpice, datée de la fin du XIIe siècle ou du début du XIIIe siècle, s’inscrit dans l’histoire d’un ancien prieuré dominant la vallée de la Conie et desservant autrefois une communauté d’environ 200 fidèles. Selon la tradition, elle serait antérieure à la cathédrale de Chartres, bien que les recherches historiques indiquent plutôt une construction achevée au tout début du XIIIe siècle, après les fondations de la cathédrale initiale du XIe siècle. L’édifice a conservé des traces de son évolution liturgique et sociale, notamment avec la présence d’une cloche bénie en 1662 et l’installation d’une statue de saint Sulpice la même année. Le chœur abrite également plusieurs sépultures de personnages importants des XVIIe et XVIIIe siècles, témoignant du rôle religieux et seigneurial du lieu. Une tradition rapporte que chaque année Chartres devait faire l’hommage d’un balai en raison de l’antériorité de la fondation de Saint-Sulpice.








