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Gourant-le-Guérin (27) Eglise Saint-Lambert Fondation La Sauvegarde de l'Art Français

L’église Saint-Lambert de Gournay est sous le patronage du seigneur du lieu ; il en est fait mention depuis le Xesiècle. L’édifice actuel a fait l’objet d’une reconstruction à la fin du XVeou au début du XVIes., puis d’une restauration entre 1893, époque à laquelle fut ajouté le clocher-porche, et 1902, date portée par un vitrail. La restauration générale de l’édifice a été réalisée en deux campagnes : 1991-1992 puis 2006-2007.

L’église Saint-Lambert est un édifice à vaisseau unique, constitué d’une importante nef et d’un chœur à chevet plat en retrait de la nef, sur laquelle ouvre au nord une chapelle, le tout est couvert en petites tuiles plates. Elle est assise au nord de l’enclos presbytéral, qu’elle ferme de ce côté. Le clocher-porche est couvert d’ardoises.

Les élévations, bien restaurées, sont réalisées en maçonnerie de moellons et silex sous un enduit ocre jaune. Les soubassements en grès ferrugineux, la pierre de grison locale, n’apparaissent qu’au niveau de la nef, en grand appareil très soigneusement assisé, le soubassement se termine par une moulure en chanfrein à la deuxième travée de la nef et par une moulure en cavet à la première, dans laquelle une porte murée à encadrement rectangulaire en grison est située sous une baie au nord. La corniche du chœur et de la chapelle en grison est en quart-de-rond, tandis que celle de la nef est en pierre calcaire. Des contreforts en pierre de grison à un glacis, couvert de dalles de la même pierre, épaulent les élévations.

La façade occidentale se termine par un pignon découvert, dont les rampants sont amortis par des figures animales décapitées. Elle est précédée d’un clocher-porche en maçonnerie enduite et brique, à la silhouette élancée, dont l’élévation est rythmée par des bandeaux de brique. Le clocher est pourvu, dans une niche, d’une statue en fonte de Jeanne d’Arc et d’une horloge portant la date de 1893, c’est une construction de qualité, mais qui dénote par rapport au reste de l’édifice.

La restauration de la fin du XIXe s. a mis en place le décor peint de la nef et du chœur, plus simple dans la nef où il se compose d’un faux appareil à double joints et de frises de rinceaux en encadrement des baies et de la porte. Les peintures murales du chœur sont beaucoup plus riches. Le décor y est organisé en deux registres, un niveau de lambris feints rehaussé de draperies, au-dessus duquel se trouve un semis de rosettes, croix, initiales entrelacées sur fond rosé. Le chevet est éclairé par une grande baie à remplage flamboyant pourvue d’une verrière historiée, celle-ci encadrée d’une frise de pampres enroulés sur une tige et de cartouches portant les noms des apôtres. Dans la nef, un vitrail géométrique inspiré de la Renaissance, dû à Muraire, a été offert en 1902 ; un autre vitrail présente un remontage en bandes de fragments de vitraux anciens.

La chapelle seigneuriale ouvre au nord de la nef par une large arcade en anse de panier, elle est éclairée par une baie à remplage flamboyant dessinant une fleur de lys. L’autel-retable, en bois peint et doré, a été offert en 1643 par « discrette personne Messire Pierre Hardy », ainsi que l’indique une inscription malheureusement tronquée. L’arcade a été rouverte lors de la campagne de restauration des années 1990. Á l’angle de la nef et du chœur a été dégagé un pendentif en encorbellement qui supporte un double poinçon et rachète la différence de largeur entre ces deux parties de l’édifice ; la base du pilier qui supporte le pendentif est curieusement percée en biais d’une niche à meneau central, sur lequel subsiste une frise de fleurs de lys, élément du décor d’origine comme la frise de rosaces au revers de l’arcade.

L’église conserve un dallage ancien, ses bancs clos, le banc d’œuvre, et possède une riche statuaire.

L’église n’est pas voûtée mais couverte d’une charpente lambrissée avec poinçons et entraits prismatiques qui conservent des traces de leur polychromie ancienne. Les merrains de la voûte ont été restaurés, ainsi que les couvre-joints, le décor peint au pochoir a été refait, achevant la restauration de l’édifice.

Pour la réfection de la voûte de la nef et du chœur, la Sauvegarde de l’Art français a accordé 9 000 euros en 2007.

Élisabeth Wallez

 

Bibliographie :

  1. Lepla, L’église Saint-Lambert de Gournay-le-Guérin. « Amis des monuments et sites de l’Eure », 128, 2008.
  2. Charpillon et abbé A. Caresme,Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Évreux, 1867-1868.

Bases de données du département de l’Eure : conservation départementale du patrimoine et archives départementales.

Le projet en images

Gourant-le-Guérin (27) Eglise Saint-Lambert Fondation La Sauvegarde de l'Art Français

Gourant-le-Guérin (27) Eglise Saint-Lambert Fondation La Sauvegarde de l'Art Français

Gourant-le-Guérin (27) Eglise Saint-Lambert Fondation La Sauvegarde de l'Art Français

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