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Larnagol (46) Eglise Saint-Pierre-ès-Liens - Sauvegarde de l'Art français

L’église de Saint-Pierre-aux-Liens de Larnagol était primitivement annexe de celle de Neules, dont le prieuré dépendait de l’abbaye de Marcillac-sur-Célé. Il reste de l’ancienne église un clocher-mur avec deux arcs en plein cintre, qui se dresse toujours dans l’enceinte du cimetière. Cette église ayant été ruinée pendant la guerre de Cent Ans, le siège de la paroisse fut transféré à Larnagol.

La seigneurie de Larnagol a eu pour siège un château établi sur un éperon dominant le Lot. Elle relevait d’un Cardaillac, qui rendit hommage à Simon de Montfort en 1215. En furent successivement seigneurs les Larnagol (XIIIe  s.), les Calvignac (XIVe s.) et dans la seconde moitié du XIVe s. les Caussade de Puycornet, à la suite du mariage de Raymond de Caussade avec l’héritière des Calvignac. Les Caussade gardèrent la seigneurie jusqu’à 1579. La généalogie de cette famille permet de dater assez précisément l’église de Larnagol, ainsi qu’on le verra.

L’église bâtie au sud et contre la pente du Causse, au bord du Lot, a été construite sur un massif, à l’abri des crues de la rivière. Un escalier méridional permet d’atteindre la porte qui s’ouvre sur la dernière travée. Au-dessus de cette travée rectangulaire s’élève le clocher surmonté d’un clocheton avec tympan en demi-lune ouvrant au-dessus de l’entrée. On y accède par un escalier à vis formant tourelle, bâti au nord.

Selon le plan dressé en 1872 par Tourrette, architecte diocésain, l’église comportait alors un chœur rectangulaire et une nef de deux travées : la première travée occidentale donne accès de chaque côté à une chapelle ; la seconde, sous le clocher, ouvre à gauche sur l’extérieur et permet l’accès au clocher, à droite par un escalier tournant. En 1872, l’église ne pouvait accueillir la totalité des fidèles, dont une partie devait rester sur le palier extérieur. L’architecte proposait d’ajouter une travée au fond de la nef, mais il aurait fallu acheter la maison qui se trouvait à côté, ce qui parut trop onéreux au maire de l’époque, Jacques Calmettes. En outre, on risquait d’affaiblir le clocher en ouvrant le mur occidental. Le maire proposa d’agrandir l’église vers l’est en ajoutant un nouveau sanctuaire. On gagnerait 5,60 m. C’est ce qui fut réalisé en construisant un chevet pentagonal sur un massif bâti de même plan. On a utilisé pour la couverture du chevet les tuiles plates traditionnelles. C’est la seule partie de l’édifice où l’on a employé des génoises pour porter l’égout du toit.

À l’intérieur, le chœur de 1872 est voûté, avec une clef de voûte ornée des deux clefs de saint Pierre en sautoir. L’ancien chœur est donc devenu la première travée orientale. La clef de voûte porte les armes des Caussade de Puycornet. Ce blason se retrouve aux clefs de voûte de la travée centrale et de la travée supportant le clocher ; on le trouve également à la voûte des deux chapelles. Selon les héraldistes, le blason de la chapelle de gauche, un peu différent des autres, serait celui de Jean I de Caussade (vers 1408-1425), on peut donc dater cette chapelle de la première moitié du XVe s., tandis que l’édifice (hors nouveau sanctuaire) serait de la fin du XIVe ou du début du XVe siècle.

Le mobilier comprend un bénitier sur pied en calcaire (XVIIe s.) ; un buste reliquaire, deux toiles mises en place vers 1872, représentant l’une l’Assomption, l’autre saint Pierre aux Liens (XVIIe s.), patron de l’église. Il s’agit sans doute de la toile de l’ancien retable. L’église possède aussi une curieuse chaire en fonte, œuvre du fondeur lyonnais Jacquet.  Enfin, elle renferme une remarquable table de communion (chérubins, épis de blé, pampres) et une clôture de fonts baptismaux en fer forgé, œuvres du ferronnier d’art, Raymond Subes (XXe siècle).

Pour la réfection de la toiture endommagée par la tempête de 1999, la Sauvegarde de l’Art français a accordé 2 287 € en 2002.

J. D.

 

Bibliographie :

Arch. dép. Lot.

Arch. Sauvegarde de l’Art français : notes de M. Cassoulet, maire.

Le projet en images

Larnagol (46) Eglise Saint-Pierre-ès-Liens - Sauvegarde de l'Art français

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