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L’église Saint-Brice de Loucé dépendait autrefois de l’abbaye Saint-Jean de Falaise. L’édifice se présente comme un vaisseau rectangulaire  sur  lequel  se  greffent  au  sud  un  clocher,  un bas-côté et une chapelle. L’église romane primitive comprenait un vaisseau unique de 25,60 m sur 7,70 m. De cet édifice subsistent  les  murs ouest, nord et est. La façade ouest est ajourée en  hauteur  de  deux baies romanes étroites et  allongées  en  plein  cintre.  Le  portail,  à trois voussures retombant sur des chapiteaux  à  crochets  portés  par des colonnettes, date du XIIIème s. Le mur nord a conservé une petite fenêtre romane ainsi que la trace de  trois  autres  baies  identiques. Une fenêtre trilobée a été réalisée  au  XIIIème s.  La  moitié  est  de  ce mur  a  été  défigurée   par  le  percement   de  trois  grandes ouvertures rectangulaires aux XVIIIème et XIXème s. Le chevet plat présente une grande baie à remplages qui semble dater du XVIème s. Le vaisseau est couvert d’un berceau lambrissé en plein cintre. Le clocher carré accolé au mur sud de l’édifice date du XIIIème s. Son étage supérieur a été réalisé au début de l’époque moderne. Il est surmonté d’une flèche à huit pans couverte d’ardoises. Au XVIème s., un second vaisseau est édifié à l’est du clocher. Le mur sud  de la  nef fait  place à un mur diaphragme ouvert de trois grandes arcades en plein cintre reposant sur des chapiteaux massifs portés par des colonnes ou des demi-colonnes engagées. Le rez-de-chaussée du clocher est alors percé de deux larges arcades, l’une ouvrant sur la nef, au nord, et l’autre sur le bas-côté. L’obturation partielle de cette dernière ouverture et les traces d’un solin visibles sur la face est du clocher indiquent que le second vaisseau devait être de même largeur que la nef primitive et couvert d’une toiture à deux pans. Le bas-côté actuel, qui porte une toiture en appentis prolongeant le versant sud de la toiture de la nef, est moitié moins large ; il est éclairé par deux lucarnes qui ne semblent pas antérieures au XVIIIème s. Les récents travaux de restauration ont révélé qu’il était couvert d’un demi-berceau lambrissé. La chapelle rectangulaire à l’est du bas-côté est couverte d’une toiture à deux pans perpendiculaire à la nef. Elle est éclairée par une grande fenêtre rectangulaire attribuable, comme les trois grandes baies rectangulaires du mur nord, au XVIIIème ou XIXème s. L’intérieur de l’église est intéressant à plus d’un titre. Des éléments de fresques des XIIIème et XIVème s. sont visibles sur les murs nord, ouest et sud. L’édifice possède un mobilier de qualité. Le retable du maître-autel date de 1730. Il occupe toute la largeur du mur de chevet. Quarre colonnes, portant un entablement et un fronton triangulaire interrompu, divisent le retable en trois parties. Au centre, un tableau représente une descente de croix. Deux niches, disposées de part et d’autre, encadrées de panneaux de faux marbre, accueillent une statue en bois de saint Brice et une autre de saint Jean-Baptiste. Un autel Louis XIII dédié à ce même saint patron de l’abbaye falgasienne, est visible dans le bas-côté. On trouve dans la chapelle latérale un autre autel du XVII’ s. On peut encore signaler une chaire Louis XIII, une statue en pierre de sainte Agathe, et un lutrin de facture rustique. L’église, inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, était dans un état de conservation inquiétant. La Sauvegarde de l’Art Français a accordé une aide de 100 000 F en 1992, 120 000 F en 1993 et 65 000 F à la fin de cette même année pour la restauration du pignon et de la baie du chevet, la restitution des baies romanes et la suppression des fenêtres rectangulaires du mur nord, la restauration de la charpente et la réfection complète de la couverture.

J.-P. F.

Le projet en images