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Dès la fin du XIIIe s., l’église paroissiale, dédiée à saint Germain, paraît trop petite, mais ne peut être agrandie sur place. La construction d’une seconde église, hors  les  murs,  est  entreprise  au  début  du  XIVe,  comme en témoignent  des  legs  faits  devant  les  notaires  du  lieu.

La construction prendra du temps. La façade occidentale, avec sa tour-clocher, est de la fin du  XVe siècle. La consécration  comme église paroissiale n’interviendra qu’en 1611, sous le vocable de saint André, l’ancienne église, désormais Saint-Germain-le-Vieil, conservant sa dédicace au saint éponyme du bourg. De cette église gothique il ne reste que la nef et ses collatéraux. Le XIXe s. a entrepris de reconstruire l’église avec une élévation plus grandiose et dans un style gothique plus conforme à l’idée qu’on s’en faisait alors. Le chœur carré primitif a fait les frais de cette ambition. L’entreprise s’est arrêtée en chemin, après l’édification (achevée dans les années 1870) d’une abside pentagonale et de deux travées et demie d’une nouvelle nef. La juxtaposition est presque choquante à l’extérieur, moins par l’inégale hauteur du faîtage que par le contraste des matériaux : sombres pierres de taille de la partie moderne, moellons clairs et crépis dans la partie médiévale. De plus, l’abside est encadrée et écrasée par deux bâtiments cubiques massifs, dont l’un sert de sacristie. À l’intérieur, l’élévation du chevet retrouve toute son efficacité et la continuité des enduits masque la différence des époques. Une arcature interrompue et de gros massifs de maçonnerie manifestent cependant l’absence de liaison entre les deux chantiers.

La partie médiévale, longue d’une vingtaine de mètres, comporte quatre travées, voûtées sur croisées d’ogives, les arcs retombant directement sur les demi-colonnes adossées aux murs. Les chapelles latérales ont pu être percées postérieurement, et à des époques différentes. La première chapelle, côté nord, est notablement plus basse que les autres. On y distingue quelques traces de décor peint des XVe-XVIe s., en particulier des écus armoriés.

La façade occidentale serait la partie la plus récente de l’ancienne église. Elle présente un aspect caractéristique du Moyen Âge tardif en Forez : une tour-clocher, un bel appareil de pierre de taille, de grandes surfaces nues, des contreforts angulaires, un sobre décor de pinacles et de voussures, plus ou moins fouillé dans le détail. Ici, la tour s’élève non pas au centre de la façade, au-dessus du porche d’entrée, mais dans l’axe du collatéral droit. La façade est donc asymétrique, s’abaissant du sud au nord. Le pignon central, vigoureusement encadré par deux contreforts, est occupé, jusqu’à près des deux tiers de sa hauteur, par l’arcade du porche, qu’animent deux pinacles assez sobres. Un oculus surmonte la pointe de l’arc. Au sud, la tour du clocher s’élève sur trois niveaux définis par des cordons. Le niveau supérieur est percé sur chaque face par deux baies géminées, en plein cintre. L’explication de ce dispositif se lit sur le mur sud de la tour: il est bâti, jusqu’au deux tiers de la hauteur, en petits moellons, de même que le mur de l’escalier à vis, construit en demi hors-œuvre. Il semble donc que la position du clocher a été fixée à une époque antérieure à celle de la façade actuelle, qui a dû s’accommoder de ce parti.

La tour a été surélevée en pierres de grand appareil, cantonnée de contreforts angulaires, et reprise en façade pour s’harmoniser avec l’ensemble. Curieusement, les contreforts qui rythment la façade en soulignent l’asymétrie, le contrefort nord s’élevant moins haut que les deux contreforts de la tour.

Plusieurs éléments du mobilier sont remarquables. La cuve baptismale appartient à la fin du XVIe siècle. Elle repose sur un piédestal carré cantonné .de consoles d’un beau galbe ; les flancs sont animés de moulures et de godrons. Un écu armorié orne la face antérieure. Un bas-relief en marbre, du XVIIe s., de belle facture, représente le baptême du Christ, dans un encadrement de pilastres cannelés. Une grande vasque en pierre, datée 1547, de forme octogonale sur pied circulaire, qui a été utilisée comme cuve baptismale, sert de bénitier. Les pans de la ceinture semblent porter des inscriptions. Un écu se détache sur un décor floral. Une imposante statue de Moïse tenant les Tables de la Loi, en grès, d’une facture massive, porte une date sur le piédestal : 1605. Elle est actuellement présentée dans l’espace du rez-de-chaussée de la tour-clocher, qui sert d’entrée habituelle. On suppose qu’elle était autrefois en façade.

Les travaux ont permis de restaurer le clocher et les façades ouest et nord. La Sauvegarde de l’Art français y a  participé en 1999 pour 170 000 F.

Ph. M.

 

 

Le projet en images