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Chapelle Saint-Fiacre du prieuré de la Grange-du-Bois. Le prieuré de la Grange-du-Bois est placé en position dominante, sur le grand chemin de communication entre les plaines de la Saône et de la Loire, de Mâcon à Charlieu. Il est situé dans un site classé en 1942, complété par l’inscription du site des roches de Solutré et de Vergisson en 1986.

Une simple chapelle, placée sous le vocable de Saint-Julien de la Roche, est citée dans le cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon en 760. Une seconde chapelle, dédiée à saint Fiacre, en raison de la présence, non loin, d’une source guérisseuse, est bâtie par Ponce Ier, évêque de Mâcon. Des terres auraient été données à cet effet par Guy, parent d’un comte de Mâcon[1], en 1145, afin de desservir une celle, nom donné à une communauté de religieux de l’ordre de Grandmont[2], vulgairement appelé les Bonshommes. Le prieuré est repris par les Cisterciens de l’abbaye de Pontigny, puis passe à l’ordre des Augustins, pour être uni vers 1222 au domaine de Cluny.

Au XVe s., il n’est plus conventuel ; les prieurs sont issus du clergé séculier : évêques ou chanoines de Mâcon, curés des paroisses voisines. Le nombre de moines décline jusqu’au départ du dernier en 1753. Le domaine est vendu en 1793 à des particuliers.

La chapelle est située à l’entrée d’une cour entourée de bâtiments d’habitation et d’une exploitation agricole. Elle est bâtie, probablement à la fin du XVIIIe s., sur un plan barlong orienté, divisé en deux parties inégales : le chœur liturgique à l’est, à chevet plat, qui demeure consacré, et la nef à l’ouest, transformée en grange. Un corps de bâtiment formant porche, fermé par une porte couverte d’un arc brisé orné d’une rosace, la précède. Le porche est flanqué au sud par une tour de clocher. Celui-ci comporte des baies géminées au niveau du beffroi, dont les arcs brisés retombent sur des tailloirs moulurés et sur un pilier chanfreiné à chapiteau mouluré. Le toit est en pavillon.

L’édifice, bâti en pierres de taille enduites, est couvert d’un toit à deux versants aux tuiles en écailles, refait à l’identique. La porte d’accès de la nef est couverte par un tympan monolithe, en calcaire rose, supporté par des coussinets au décor figuré ; il est gravé d’une croix prise dans un cercle, d’un oiseau et d’une figure difficile à identifier, entre une chimère ou une croix.

À l’intérieur, sur les murs de la nef et sur un pilier engagé, apparaissent sous un badigeon blanc, des fragments de peintures murales, à motifs géométriques ou à fausse coupe de pierres ornées de fleurettes, pouvant dater du XIIIe siècle. Le chœur a gardé sa charpente en carène, récemment restaurée, avec des voliges de largeur irrégulière afin d’éviter un aspect trop rigide. Les baies, irrégulièrement distribuées, percées à différentes époques, sont en plein cintre, à embrasures profondes ; certaines ont conservé des traces d’un décor peint à fausse coupe de pierres ornées de fleurettes, identique à celui de la nef, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, ce qui est plus rare.

Du mobilier, seuls subsistent le maître-autel et un tableau, l’Annonciation, copie sans doute ancienne, d’après Louis Boullogne le jeune[3].

Pour la restauration de la toiture en tuile de la nef, la Sauvegarde de l’Art français a accordé un don de 15 000 € en 2010.

Bernard Sonnet

 

[1] Patrick Défontaine, L’Ordre de Grandmont ou la voie étroite du monachisme en Bourgogne (1165-1516), Mémoire de maîtrise, Dijon, 2002.

[2] Raymond Oursel, Abbayes et prieurés de Saône-et-Loire, Paris, 1968.

[3] Tableau commandé par Louis XIV pour l’autel de la chapelle de la Vierge dans la chapelle royale en 1709, par Louis Boullogne le jeune. Versailles musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

 

Le projet en images