1. Accueil
  2. Les salariés Michelin à la découverte du Plus Grand Musée de France – Boulogne-Billancourt

Vote
Les salariés Michelin à la découverte du Plus Grand Musée de France – Boulogne-Billancourt

LE PROJET

La Fondation d’Entreprise Michelin vous a proposé, ainsi qu’à quatorze autres sites industriels, de participer à la grande chasse au trésor du Plus Grand Musée de France. Plusieurs mois sont passés et nous voilà arrivés au vote ! Vous, salariés du site de Boulogne-Billancourt, avez identifié 5 œuvres ayant besoin d’une restauration dans votre région. Vous avez à présent la lourde tâche de voter pour celle que vous voulez voir gagner.

L’œuvre obtenant le plus de voix bénéficiera d’un don de 8.000 € pour sa restauration, offert par la Fondation d’Entreprise Michelin. S’il s’avère que la restauration de votre premier choix est moins onéreuse que les 8.000 € donnés, l’œuvre arrivée en seconde position se verra offrir la somme restante.

RAPPEL DES règles du jeu

Vous pouvez voter du mercredi 05 juin jusqu’au mercredi 26 juin (fin de vote dans la nuit du 26 au 27 juin, à minuit).

Attention, seules les adresses mail @michelin.com seront prises en compte. Enfin, les résultats du vote seront annoncés durant la première quinzaine du mois de juillet.

comment voter ?

  1. Avant de voter, si vous souhaitez en savoir plus sur les œuvres, cliquez sur « plus d’infos ».
  2. Cliquez sur votre œuvre préférée, un rectangle rouge doit apparaître autour d’elle.
  3. Cliquez ensuite sur « je vote ! »

Bon vote !

Châtenay-Malabry, La Résurrection de Lazare

Châtenay-Malabry est une commune riche en patrimoine architectural, historique et naturel ; vous pouvez y voir l’arboretum, le château de la Roseraie, le château de Malabry, la Cité-Jardin et ses jardins familiaux l’île Verte ou encore des fragments du Palais des Tuileries…

 

Historique de l’oeuvre

Ce tableau est répertorié pour la première fois dans l’Inventaire Chaix en 1880, comme étant une œuvre anonyme de l’école italienne. Il se trouvait alors dans l’église Saint-Pierre-Saint-Paul de Clamart. Il a ensuite été transféré dans l’église Saint-Germain-L’Auxerrois à Châtenay-Malabry, à une date inconnue, postérieure à 1905. Il n’est plus visible dans l’église depuis le début des années 2000. Il aurait été envoyé au Musée du Louvre pour expertise, puis conservé à l’évêché de Nanterre. Il a été restitué à la ville en 2017. Le tableau a été publié en 2006 dans le « Guide des tableaux conservés dans les édifices publics et privés des Hauts-de-Seine » (Patrimoine des Hauts-de-Seine, Somogy éditions d’art, 2006, vol. I, p. 74-75).

Après qu’une expertise du musée du Louvre en 2001 a attribué cette peinture à Il Passignano, sa trace a été perdue jusqu’en 2017.

En 2017, elle a été restituée à la Ville grâce à une alerte de M. Rykner, directeur de la rédaction du site La Tribune de l’Art, alors qu’elle était sur le point d’être mise aux enchères par des particuliers.

En mauvais état, elle est conservée aujourd’hui dans l’église paroissiale.

La scène représentée : le miracle de la résurrection de Lazare

La scène retenue par l’artiste pour ce tableau est Le miracle de la résurrection de Lazare tiré de l’Évangile de Jean (XI : 1-44). Lazare de Béthanie, l’ami de Jésus, était le frère de Marthe et Marie, l’une représentant la vie active, l’autre la vie contemplative. Lorsque Lazare tomba malade, ses

sœurs firent aussitôt prévenir Jésus. Dès qu’il l’apprit, Jésus déclara que cette maladie n’aboutira pas à la mort, mais qu’elle servira à la gloire de Dieu. A son arrivée à Béthanie, Jésus trouva Lazare au tombeau. Il y était depuis quatre jours déjà et beaucoup de Juifs étaient venus chez Marthe et Marie pour les consoler au sujet de leur frère. Alors, Jésus s’en fut au sépulcre, une grotte fermée par une pierre. Il fit enlever cette pierre et cria d’une voix forte « Lazare sors !». Et celui qui avait été mort sortit, les pieds et les mains attachés par des bandes, et le visage enveloppé d’un linge. Jésus dit aux gens « Déliez-le et laissez-le aller ! . »

 

C’est ce dernier moment choisi qui représenté avec au premier plan Jésus rappelant Lazare à la vie sous les yeux d’une foule incrédule. Lazare, le corps encore partiellement couvert du linceul, est assis sur le sarcophage. Sur la droite près de Jésus, Marie a les mains jointes et Marthe est agenouillée. L’arrière-plan de la composition montre une architecture à l’antique.

Le tableau attribué à Passignano

Ce tableau a été attribué à Passignano par Catherine Monbeig-Goguel, ancienne Directeur de recherche au CNRS et historienne de l’art au Département des arts graphiques du Louvre.

Passignano est un peintre italien du maniérisme tradif, actif à Bologne. Il s’est formé à Florence dans les années 1570 auprès de Giovanni Battista Naldini et Girolamo Macchietti. Entre 1581 et 1589, il travaille à Rome (Saint-Pierre de Rome et Sainte Marie Majeure) ainsi qu’à Venise où il est influencé par Tintoret. À Florence, il assiste Federico Zuccaro, l’un des peintres les plus en vogue de cette période, pour terminer les fresques de Giorgio Vasari qui ornent la coupole de Santa Maria del Fiore. Il participe également à la décoration de la Casa Buonarroti où il peint la scène la plus fameuse du cycle dédié à la mémoire de Michelange (Michelange présente la maquette de Saint-Pierre à Jules II). Il fut l’un des artistes favoris du pape Clément VIII qui obtint la conversion d’Henri IV, mettant fin aux guerres de religion.

Réputé pour sa rapidité, l’artiste déploie un style marqué par son expérience vénitienne qui se caractérise par des figures monumentales massives et une palette sombre aux coloris chauds fondus dans la lumière.

Etat de l’oeuvre 

Le tableau est dépourvu de cadre. La couche picturale présente des usures, craquelures, pertes de matière, soulèvements et petites déchirures dans la partie inférieure du tableau, principalement sur la droite, au niveau du personnage de Marthe. Outre des déchirures sur le pourtour du châssis, des traces d’humidité et de colle sont visibles au revers de la toile.

La recherche d’un restaurateur pour expertiser la toile est en cours.

  • Titre: La Résurrection de Lazare
  • Artiste : attribué à Domenico Cresti, dit Passignano
  • Type : huile sur toile
  • Dimension : 74 x 95 cm
  • Date : XVIe s.
  • Lieu de conservation : église Saint-Germain-l'Auxerrois, Châtenay-Malabry
  • Protection : non protégée

Paris, cimetière du Sud dit du Montparnasse - porte de la chapelle funéraire de la famille de Montault

Le cimetière du Sud, appelé communément « cimetière du Montparnasse » a ouvert ses portes le 25 juillet 1824. Il a été créé à l’époque en dehors des limites de la Ville de Paris, comme l’ont été le cimetière du Père Lachaise (cimetière de l’Est) et ceux de Montmartre et de Passy. Avec ses 19 hectares, la deuxième nécropole intra-muros de Paris accueille nombre de personnalités du monde politique et spécifiquement artistique.

La commande

Le 19 juin 1836, Armand Alexis de Montault acquiert une parcelle de 2m2 au cimetière du Montparnasse afin d’y faire inhumer sa fille Marie Françoise Auzelle de Montault. Quelques semaines plus tard, en juillet 1836, il y adjoint 10m2, puis 4m2 de terrain supplémentaire.

Une chapelle est alors édifiée sur la parcelle de terrain nouvellement créée, entre 1838 et 1839. Les plans en sont attribués à l’architecte Jean Charles Léon Danjoy (1806 – 1862), qui adopte une grammaire néo-gothique. Très en vogue dans les arts décoratifs, la peinture et la sculpture, ce style n’avait encore connu jusque-là que de rares incursions dans le domaine funéraire. A cet égard, on peut citer au cimetière du Père-Lachaise la chapelle Greffulhe (1810-1815) puis le monument d’Héloïse et Abélard (transféré en 1817) parmi les premières manifestations.

Vingt ans après, le goût pour la période médiévale prend de l’ampleur, culminant avec la création du Musée national du Moyen Âge (actuel musée de Cluny) en 1844. Les occurrences dans les cimetières deviennent plus courantes. Au cimetière du Montparnasse, la chapelle Montault en est l’un des premiers témoignages, mais aussi l’un des plus spectaculaires. Avec son décor sculpté de grande qualité, elle exprime pleinement ce goût pour l’architecte néo-gothique, dont le succès ne se dément pas tout au long du siècle.

L’édifice de plan rectangulaire présente un important travail de sculpture. La façade antérieure se compose au centre d’une porte flanquée d’une paire de colonnes engagées surmontées de deux chapiteaux à feuilles d’eau supportant deux voussures en arc brisé. Une troisième voussure extérieure s’appuie sur des corbeaux représentant de petits personnages. La porte au tympan sans sculpture est surmontée d’une fenêtre en forme de quadrilobe à redents. Deux clochetons en encorbellement viennent flanquer le pignon. Les murs gouttereaux présentent quant à eux une frise d’architecture courant sur l’ensemble de l’édifice et surmontée d’une série de baies aveugles, en arc brisé, soulignée par une moulure supérieure à décor végétal.

L’iconographie

La Bibliothèque Historique de la Ville de Paris possède une estampe de petites dimensions qui représente la construction de la chapelle au cimetière du Montparnasse. Derrière de frêles échafaudages de bois, on reconnaît la silhouette de la chapelle avec sa petite porte surmonté d’une fenêtre quadrilobée et la frise d’architecture qui ceint le monument.
Deux vues en élévation de la chapelle sont reproduites dans l’album de l’architecte Normand Ainé (1789-1874) intitulé Monuments funéraires choisis dans les cimetières de Paris et des principales villes de France.

L’oeuvre

Parmi les éléments les plus remarquables du décor de la chapelle figurent les pentures de bronze qui ornent la porte, réalisés par Pierre Marie François Boulanger (1813-1891), ferronnier d’art ayant participé à la restauration de nombreux édifices religieux. On lui doit, entre autres, la création des ferrures du portail central du Jugement Dernier à la cathédrale Notre-Dame de Paris réalisés près 30 ans après celles de la chapelle Montault, dont elles s’inspirent.

Les pentures de la porte ont été conservées mais quelques planches de bois remplacées par des travaux de restauration réalisés en 1957 à la demande de Georges Roty, petit-fils de Pierre Boulanger.

La projet restauration

Dans les années 1999-2000, le tombeau a déjà fait l’objet d’une restauration portant essentiellement sur la pierre. Si l’état général des maçonneries est satisfaisant, le bois de la porte et les pentures de bronze qui l’ornent sont dans un état préoccupant. En effet, le bois n’est plus protégé et mériterait d’être poncé et vernis. Les pentures devraient également faire l’objet d’une révision. Le bronze devrait être nettoyé et bénéficier d’une nouvelle patine tandis que les clous en fer pourraient laisser place à des clous en bronze.

Et après ? 

Au vu de son état d’abandon, la chapelle de la famille de Montault a fait l’objet d’une procédure de reprise administrative. Par arrêté du 3 juin 1999, la sépulture est devenue propriété de la Ville de Paris. Par ailleurs, le monument bénéficie d’une inscription au titre des Monuments Historiques par arrêté du 9 octobre 2023.

S’il s’agit de l’un des plus imposants monuments de toute la 1ère division du cimetière du Montparnasse, il compte également parmi les plus anciens du site, fondé en 1824. La restauration de la porte de la chapelle de Montault interviendrait alors idéalement l’année où l’on célèbre le bicentenaire du cimetière du Montparnasse et la réouverture au public de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

  • Titre : chapelle de la famille Montault
  • Artiste : Jean Charles Léon Danjoy
  • Type : tombeau
  • Date : 1838-1839
  • Lieu de conservation : cimetière du Sud, dit Montparnasse, Paris (75)
  • Protection : inscrit depuis octobre 2023

Paris, Atlas du cimetière de l'Est dit du Père-Lachaise

Situé dans le XXe arrondissement, le cimetière du Père Lachaise est le plus grand cimetière parisien mais aussi l’un des sites les plus visités de la capitale. Une popularité que le lieu doit à ses quelque 220 ans d’histoire et 70.000 sépultures dont de nombreuses célébrités.

Contexte patrimonial

Dès son ouverture en 1804, le cimetière du Père-Lachaise a régulièrement été reproduit en plan. Divers ouvrages (guides et recueils) dressent des listes de sépultures, jugées dignes d’intérêt pour le promeneur, dès le début du XIXe siècle.

En parallèle, l’administration des cimetières parisiens produit des registres d’inhumation annuels et journaliers, lesquels fournissent des indications permettant de localiser les tombes au sein de la nécropole. Ces indications sont toutefois malcommodes à déchiffrer, donnant des repères géographiques souvent disparus aujourd’hui (« à côté de la tombe X », « à 4m derrière X », etc.).

En 1880, l’architecte et ingénieur Charles Edouard Bezodis (1830-1900) intègre le Service des cimetières. En l’espace de quelques années, il fait dresser des plans du cimetière et rédiger des matrices cadastrales de toutes les divisons. Ces documents, très précis, sont encore utilisés de nos jours comme supports pour l’actualisation des plans.
Cependant, pour la période antérieure à 1880, la cartographie reste très lacunaire. Seules quelques matrices rédigées par le géomètre René Jean-Baptiste Heronville (1800-ca.1858) sous la monarchie de Juillet et un grand atlas aquarelle datant de la Restauration témoignent des premiers lotissements du cimetière.

L’Atlas en quelques chiffres

Riche de près d’une vingtaine de feuilles, l’atlas se présente sous la forme d’un grand cahier (100×70 cm) protégé d’une couverture cartonnée au dos entoilé.

Bien qu’aucune des feuilles ne soit datée, il est possible d’estimer la réalisation de l’atlas entre 1820 et 1825, et plus vraisemblablement autour de 1821. En effet, sont représentés la chapelle de l’Est, construite entre 1820 et 1822 par Etienne-Hyppolite Godde (1781-1869), et le réservoir, survivance de l’ancienne propriété des Jésuites. Celui-ci se situait dans l’actuelle division 22 et a été comblé aux alentours de 1825-1826.

Par ailleurs, les sépultures relevées sur le plan sont pour la plupart datées, et aucune postérieure à 1821 n’est mentionnée. La datation de cet atlas en fait donc un document d’autant plus précieux qu’il est le plus ancien conservé par le Service des cimetières. L’auteur, inconnu, a reporté avec soin, à l’encre de Chine et à l’aquarelle, la végétation, les allées et les emplacements de sépultures, avec le nom du concessionnaire et la date.

Son remarquable travail, bien que vraisemblablement inachevé, permet de :

  • mieux connaître l’état du site au début du XIXe s., par la représentation de cheminements aujourd’hui disparus, et de certains bosquets et arbres d’alignements ;
  • mieux comprendre le lotissement du cimetière et par là de faciliter la localisation des sépultures du premier quart du XIXe s.

Témoignage rare des premières années d’activité du cimetière, cet atlas mériterait d’être restauré, ceci afin de lui assurer une bonne conservation. A terme, il pourrait rejoindre le service des Archives de Paris et être présenté lors d’expositions, aux côtés d’autres documents d’archives méconnus produits par le Service des cimetières depuis plus de deux siècles.

Etat de conservation

La reliure de l’atlas est fragilisée, particulièrement au niveau du dos et des coins. Les plats de reliure ne sont plus plans. Les feuilles sont réalisées sur un papier épais, mais présentent par endroit quelques déchirures, pliures et ondulations. Cependant, le papier ne souffre ni d’un jaunissement important, ni de moisissures.

  • Titre : atlas du cimetière de l'Est dit du Père-Lachaise
  • Artiste : inconnu
  • Type : encre de Chine et aquarelle sur papier
  • Dimension : 100 x 70 cm
  • Date : entre 1820 et 1825
  • Lieu de conservation : Service des cimetières - Ville de Paris
  • Protection : non protégée

Paris, église Saint-Merry, bas-relief de Paul-Ambroise Slodtz

L’église Saint-Merry est située à l’intersection de l’ancienne voie romaine nord-sud, l’actuelle rue Saint Martin et de l’axe est-ouest, rue de la Verrerie. Medericus (Merry), ermite, prêtre et moine, serait mort dans cet endroit, le « 4 des calendes de septembre » (qui correspond au 29 août)  vers l’année 850. En 884, lors du dernier siège de Paris par les Normands, il fut choisi comme le patron de la rive droite.

L’édifice actuel a été construit entre 1500 et 1550. Il présente la double particularité de comporter un bas-côté supplémentaire au sud et d’avoir le même plan que Notre-Dame (le chœur étant sensiblement égal en longueur à la nef).

L’église était surnommée « Notre-Dame la petite », elle était desservie par sept chanoines du chapitre de la Cathédrale.

La construction appartient au style gothique du XVème, les fenêtres et la voûte de la croisée du transept se ressentent de l’influence anglaise dite « flamboyante », l’ensemble des lignes intérieures reste extrêmement sobre et d’une rare unité architecturale.

Au XVIIIème, le chœur est habillé de stuc. Il est décoré par les célèbres sculpteurs Slodtz. A la même époque, l’architecte Boffrand réalise la grande chapelle dite de « communion » (car c’est là que l’on donnait la communion aux laïcs, et non dans le chœur réservé aux clercs et clos). Pour la première fois, on utilise l’éclairage zénithal (les trois coupoles en verre) qui sera repris par la suite dans la grande galerie du Louvre. Cette chapelle, construite sur un charnier en 1743 est ouverte sur l’église en 1760. 

Source : site de la Paroisse de Saint-Merry

L’oeuvre

L’oeuvre présentée prend place dans la chapelle de la Communion, qui est un ajout architectural de 1745. Édifiée par Germain Boffrand (1667-1754), son but était de servir de lieu d’exposition pour le Saint Sacrement. C’est un grand espace ouvert sur le double bas-côté sud par trois arcades en plein cintre. Il est éclairé par trois larges oculi qui lui apportent une abondante lumière. La chapelle est de style classique.

C’est surtout un endroit où les œuvres d’art abondent. Les extrémités est et ouest sont ornées chacune d’un bas-relief de Paul-Ambroise Slodtz (1702-1758) : l’ange tenant le calice (1748) et l’ange tenant l’Évangile (1758).

Les frères Slodtz (René-Michel Slodtz, dit Michel-Ange Slodtz, Sébastie, et Paul Ambroise), qui faisaient partie de l’administration des « menues plaisirs du roi », étaient passés maîtres dans l’art de décorer les opéras, les scènes de théâtre, mais aussi des grands décors religieux.

Au milieu du XVIIIe s., ils participent donc au nouveau décor de Saint-Merry, édifice gothique qui se pare de marbre rouge et d’une Gloire doré dans son choeur, de nouveaux autels de style classique dans son transept, d’une nouvelle chair en bois sculpté et d’anges sculptés dans la nouvelle chapelle latérale, dite chapelle de la Communion. Tout cela est l’oeuvre de la fratrie.

La restauration

Actuellement, le relief de l’ange est fortement encrassé, limitant fortement sa lisibilité. Le visiteur ne distingue plus la subtilité des drapés ou la finesse du visage angélique.

Une restauration permettrait de rendre une partie de sa clarté à la chapelle, est de mettre en valeur ce chef-d’oeuvre de la sculpture.

 

  • Titre : bas-relief de Slodtz
  • Artiste : Paul-Ambroise Slodtz
  • Type : bas-relief
  • Date : 1748-1759
  • Lieu de conservation : église Saint-Merry
  • Protection : non protégé

Paris, église Saint-Sulpice, scène sculptée

Lancée en 1645, la reconstruction de l’église durera un siècle. Plusieurs architectes mèneront les travaux, en suivant les plans de D. Gittard (1660). Le résultat, très homogène, est une heureuse synthèse entre les traditions gothique et classique. Chantier gigantesque, les difficultés financières ralentiront son achèvement. La consécration de l’édifice n’eut lieu qu’en 1745. Mais les tours ne sont pas encore construites !
Malgré la Révolution française, la plupart des œuvres d’art majeures ont réintégré leur emplacement d’origine. De ce fait, Saint-Sulpice est un des rares lieux qui permettent de comprendre le sens des œuvres en lien avec leur environnement, car dans une église les œuvres d’art ne servent pas d’abord à décorer, mais à être des signes pour ceux qui les regardent, à matérialiser l’invisible.

Source : site de la Paroisse de Saint-Sulpice

L’oeuvre

Louis-Simon Boizot (1743-1809), grand artiste, est connu essentiellement à travers ses scènes sculptées, éditées en biscuit par la Manufacture de Sèvres. À partir de 1781, il fut d’ailleurs chargé de superviser toutes les éditions de biscuit de l’établissement.

Boizot était aussi un véritable sculpteur.

En 1776, il reçut la commande d’un grand bas-relief Saint Paul prêchant au milieu des sages de l’aréopage pour l’église Sainte-Geneviève (actuel Panthéon). Malheureusement, comme toutes les importantes œuvres sculptées de cette église, elle a disparu sous la Révolution, quand Sainte-Geneviève devint le temple de la Renommée.

En 1777, Boizot est engagé pour la décoration de Saint-Sulpice, sans doute à l’initiative de l’architecte Jean-François Chalgrin (1739-1811) à qui il est apparenté. En effet, Chalgrin a épousé la fille du peintre Joseph Vernet (1714-1789), alors que Boizot a épousé sa nièce. C’est aussi en 1777 que Chalgrin reçoit la charge de terminer la façade, en particulier – et selon son propre plan – les tours.
Une fois la tour nord achevée (1780) , Chalgrin s’adressa aux sculpteurs Louis-Simon Boizot et Louis-Philippe Mouchy (1743-1801) pour les grandes statues des quatre évangélistes à l’étage supérieur. L’état des archives ne permet malheureusement pas de savoir qui a fait quoi. Boizot fut aussi chargé de la décoration sculptée de la chapelle des fonts baptismaux sous la tour nord. Petits bas-reliefs, statues et grand bas-relief du Baptême de Jésus-Christ sont toujours en place.

La restauration 

La Ville de Paris a restauré la porte monumentale vitrée de la chapelle, qui donne sur le péristyle de l’église. Mais si la lumière naturelle inonde désormais la chapelle, le somptueux relief de Boizot reste très sombre, encrassé.

Une restauration permettrait de considérablement éclaircir la sculpture et permettre de pouvoir à nouveau observer le jeu subtil des drapés et du décors de la scènes (palmiers, putti …).

  • Titre : le Baptême de Jésus Christ
  • Artistes : Louis-Simon Bizot et Louis-Philippe Mouchy
  • Type : bas-relief
  • Date : après 1780
  • Lieu de conservation : église Saint-Sulpice, Paris
  • Protection : non protégé

Paris, Edith Piaf

Née le 19 décembre 1915 dans le 20e arrondissement de Paris, Édith Giovanna Gassion, future Edith Piaf, a, depuis 1978, une place à son nom dans ce même arrondissement. Après la pose d’un médaillon de bronze à son effigie (de Jack Devilliers), c’est une statue de bronze qui y est érigée en 2003, oeuvre de la sculptrice Lisbeth Delisle.
Quinze ans après sa disparition, en 1978, était inaugurée la place Edith Piaf, entre la rue Belgrand, la rue du Capitaine-Ferber et la rue de la Py. Jack Devilliers réalise pour cette occasion et ce lieu un médaillon de bronze à l’effigie de la chanteuse. Cette oeuvre est installée au-dessus d’une citation d’un grand ami d’Edith Piaf, Jean Cocteau : « Il n’y a jamais eu d’Edith Piaf, il n’y en aura plus jamais ». Jean Cocteau meurt quelques heures après son amie.
En 2003, pour le quarantième anniversaire de son décès, la Ville de Paris fait réaménager la place Edith Piaf et y dispose une statue de bronze, réalisée par la sculptrice Lisbeth Delisle (née en 1935). La statue représente la chanteuse pleine de douleur et d’émotion.
Les œuvres sont un peu encrassées, du fait de leur exposition dans l’espace public, et la patine des bronze mérite une attention particulière, des coulures ou des traces d’oxydation ont pu apparaître ces derniers temps sur la statue par exemple.
 Un peu plus de 60 ans après la mort de cette artiste, symbole de la France, les conservateurs de la COARC avaient évoqué récemment la possibilité d’engager une restauration de ce monument en lien avec celle des fonts baptismaux de l’église Saint-Jean Baptiste de Belleville, où Edith Piaf a été baptisée en 1917.
 
 
 
  • Titre : médaillon et statue Edith Piaf
  • Artistes : Jack Devilliers et Lisbeth Delisle
  • Dates : 1978 et 2003
  • Matériau : bronze
  • Lieu de conservation : place Edith Piaf, 20e arrondissement de Paris
  • Protection : non protégées

* champs requis

Étape suivante