La restauration d’un tableau conservé dans l’église Saint-Martin de Longjumeau a conduit à une découverte majeure : l’Ecce Homo, jusqu’alors anonyme, est aujourd’hui attribué au peintre flamand Louis Finson. Un projet soutenu par La Sauvegarde de l’Art Français, dans le cadre du « Plus Grand Musée de France ».

Une œuvre anonyme attribuée à Louis Finson

C’est une découverte remarquable pour le patrimoine de Longjumeau. Une toile intitulée Ecce Homo, jusqu’alors anonyme, est désormais attribuée au peintre flamand Louis Finson (vers 1580–1617), actif au début du XVIIe siècle. Connu notamment pour sa diffusion du caravagisme en Europe du Nord, Finson a laissé une œuvre marquée par les contrastes lumineux et une grande expressivité.

Cette attribution a été confirmée par Olivier Morand, spécialiste de l’artiste. Plusieurs éléments présentent des similitudes avec des compositions de Finson, notamment Samson et Dalila, conservé au musée des Beaux-Arts de Marseille, La Circoncision, à Poitiers, ou encore La Lapidation de saint Étienne, à Arles.

L’Ecce Homo, conservé dans l’église Saint-Martin de Longjumeau, dont l’attribution au peintre flamand Louis Finson a été confirmée par le spécialiste Olivier Morand. © Ville de Longjumeau

« Le Plus Grand Musée de France » au service du patrimoine local

La restauration de l’Ecce Homo a bénéficié du soutien de La Sauvegarde de l’Art Français, dans le cadre du « Plus Grand Musée de France ». Depuis 2013, cette campagne mobilise les citoyens autour de la sauvegarde du patrimoine artistique public.

À Longjumeau, deux étudiants de Sciences Po Paris, Chiara Jugé et Adrien Nguyen, ont contribué à la restauration de ce tableau de l’église Saint-Martin, avec le concours de la Ville de Longjumeau et du Département de l’Essonne.

La restauratrice Sonia Demianozuk est intervenue sur la toile pour réparer une déchirure du support, traiter le vernis encrassé et oxydé, retirer certains repeints anciens et retoucher les lacunes picturales. Christian Maury a, quant à lui, réalisé le nouvel encadrement de l’œuvre.

Intervention de la restauratrice Sonia Demianozuk sur l’Ecce Homo. © Ville de Longjumeau

Une histoire qui reste à explorer

La redécouverte du tableau ouvre également de nouvelles perspectives de recherche. Olivier Morand travaille actuellement à la rédaction de la notice raisonnée de l’Ecce Homo, qui permettra d’en préciser l’histoire.

Cette identification fait écho à une autre actualité autour de Louis Finson : l’entrée d’un Saint-Sébastien du peintre dans les collections du musée des Beaux-Arts de Marseille, grâce à une donation de la Fondation JG, abritée par La Sauvegarde de l’Art Français.

Demeuré dans une collection privée provençale pendant plus de trois siècles, ce tableau, peint en 1612 à Naples, a été acquis aux enchères en 2025 par la Fondation JG en vue d’en faire don à la Ville de Marseille. Il vient enrichir les collections du musée et témoigne des liens artistiques entre l’Italie et la Provence.

L’Ecce Homo de Longjumeau se dévoile :

© Ville de Longjumeau

© Ville de Longjumeau

© Ville de Longjumeau

« Le Plus Grand Musée de France »

Mobiliser la société civile pour préserver les œuvres et objets d’art publiques