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L’église est située sur la paroisse de Beneauville, réunie à Chicheboville en 1835. Elle est le vestige d’un « moustier », une ferme construite et exploitée directement par l’abbaye de Troarn, par les soins d’une petite communauté installée là à partir de 1060-1080.

La partie la plus ancienne, le chœur, est du XIIe siècle. La nef a été remaniée au XIIIe s. , avec l’ajout d’une corniche décorée en dents de scie, tandis que ses fenêtres étroites étaient allongées en lancettes à l’extérieur.

Un clocher de charpente, ajouté au XIIIe s., fut détruit en 1698 en raison de sa vétusté et remplacé par un petit clocher en bout de nef, dit « clocher-pignon », formant un campanile à jour[1]. Le porche et son fronton triangulaire, de style classique, ont sans doute été ajoutés à la même époque. Une rénovation importante de l’église a également été mise en œuvre en 1792[2].

La corniche extérieure du chœur est remarquable par son décor de modillons variés, têtes nues ou avec capuches, et animaux. La porte du chœur est cintrée, à archivolte et bordée d’un chapelet de fleurs cruciformes.

À l’intérieur, on remarque des chapiteaux romans, dont une scène représentant le martyre de sainte Blandine. Des travaux, à la fin des années 1970, ont mis au jour la charpente ancienne en carène de vaisseau derrière le faux plafond.

L’élément le plus intéressant du décor est sans doute la litre funéraire qui ceinture les murs de la nef. Elle a été exécutée en 1757, à la demande de Louis Fribois, seigneur de Beneauville, et porte ses armoiries répétées.

L’autel surmonté d’un retable a été reconstruit au XVIIIe s. et placé en avancée par rapport à l’abside pour permettre l’aménagement d’une sacristie. Le retable, flanqué de deux pilastres corinthiens, est orné d’une toile l’Immaculée Conception  (XIXe s.). Le tabernacle en bois sculpté date du XVIIIe siècle. De chaque côté, les portes de la sacristie sont surmontées de frontons sculptés.

Les travaux ont porté sur la reprise de la toiture, sur la restauration des murs intérieurs, y compris la litre funéraire, et sur la réfection des vitraux. La Sauvegarde de l’Art français a accordé une aide de 5 000 € en 2012. En 2018, cette aide a été abondée de 3 000 € pour financer la restauration des contreforts.

Julie Deslondes

 

Bibliographie :

Arch. dép. Calvados, 737 Edt : Fonds communal déposé.

Arch. dép. Calvados, F 5131 : notes du chanoine Simon.

A. de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, t. II, Caen, 1850, p. 113-114.

M. Brémenson et C. Arruego, Si Chicheboville m’était conté, Condé-sur-Noireau, 2010.

[1] La décision de l’assemblée paroissiale du 27 juillet 1798 est retranscrite par l’érudit caennais Simon. Notes Simon, Arch. dép. Calvados, F 5131, t. XVI, p. 231.

[2] Le détail est connu par les délibérations communales, Arch. dép. Calvados, 737 Edt 19/1

Le projet en images

Chicheboville (14) Eglise Notre-Dame-de-Béneauville - Sauvegarde de l Art français

Réfection des enduits "à la bouteille". Ce type d'enduit ancien, à la chaux, consiste à laisser des stries qui suivent les rangs de pierre calcaire et les protègent de la pluie.

Chicheboville (14) Eglise Notre-Dame-de-Béneauville - Sauvegarde de l Art français

Chicheboville (14) Chapelle Notre-Dame de Béneauville - Sauvegarde de l'Art Français

J. Deslondes

Chicheboville (14) Chapelle Notre-Dame de Béneauville - Sauvegarde de l'Art Français

J. Deslondes

Chicheboville (14) Eglise Notre-Dame-de-Béneauville - Sauvegarde de l Art français

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