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Auriane Raulin et Doryan Durville, étudiants en licence d’Histoire de l’Art à l’université de Dijon se lancent dans le sauvetage de deux tableaux conservés dans la Chapelle de la Chartreuse de Champmol.

LA CHARTREUSE DE CHAMPMOL

La Chartreuse de Champmol, lieu de grande importance historique et artistique de l’art Bourguignon est un monastère fondé en 1378 sous la demande de Philippe le Hardi, premier des Ducs de Bourgogne de la maison de Valois. Dès le commencement du chantier la chartreuse possède un rôle religieux, politique et artistique majeur, puisqu’elle joue le rôle de panthéon dynastique ducal. Les tombeaux de Philippe le Hardi, son fils Jean sans peur et l’épouse de ce dernier, Marguerite de Bavière ornaient la nef de l’église.

La chartreuse devient pour les Ducs de Bourgogne un véritable moyen d’affirmer leur pouvoir et de bénéficier des suffrages de la prière des moines. De célèbres artistes venus de Paris et des Flandres sont engagés par Philippe le Hardi pour mener à bien le chantier. C’est ainsi que des artistes comme Jean de Marville, Claus Sluter, Claus de Werve et bien d’autres vont participer au rayonnement artistique bourguignon en réalisant des œuvres aujourd’hui symboliques comme le puits de Moïse, reste d’un calvaire se trouvant toujours à Champmol, mais aussi le retable des saints martyrs et le retable de la crucifixion, conservés également au musée des beaux-arts de Dijon. Toutes ces œuvres sont aujourd’hui protégées et admirées et font de la chartreuse le joyau de la ville de Dijon.

LES OEUVRES

Les œuvres que nous avons choisi de sauver sont deux tableaux du XIXème siècles conservés dans la chapelle de la Chartreuse de Champmol. Elles représentent deux scènes tirées de la vie du Christ : La Guérison du possédé et La Guérison du paralytique. Ces deux œuvres sont réalisées à la suite du rachat de la chartreuse par le département en 1833 pour lui donner son rôle d’hôpital actuel, témoignant ainsi de la continuité de l’attachement des Bourguignons pour leur patrimoine artistique et le mécénat.

La guérison du possédé

Ces deux tableaux sont révélateurs d’un intérêt des peintres du XIXème pour la reprise de modèles issus de la tradition picturale classique. En effet les deux scènes reprennent des tableaux de grands maîtres : La Transfiguration de Raffaello Sanzio (1483-1520) et Jésus guérissant le paralytique à la piscine de Bethesda de Bartolomé Esteban Murillo (1618-1682).

la Guérison du paralytique

LA RESTAURATION

Ces deux œuvres représentent un réel intérêt au sein de l’histoire de l’art bourguignon et nous permettent de mettre en évidence la place de l’art religieux dans un siècle artistiquement florissant. C’est pour cela qu’il nous semble essentiel de venir en aide à notre patrimoine régional en leur faisant retrouver leur état d’origine. Cette intervention permettra :

Le décadrage et dépoussiérage de l’œuvre
La restauration des éléments endommagés en respectant l’usure de l’œuvre pour garder une unité visuelle
Le remplacement du verni ayant subi une oxydation et l’application d’une couche de protection
La consolidation de la fixation des cadres
La restauration des cadres qui datent eux aussi du XIXème siècle

Le projet en images

La guérison du possédé

Auriane et Doryan, étudiants en charge du projet

La Guérison du Paralytique et La Guérison du Possédé - chapelle de la Chartreuse de Champmol, Dijon (21). Photos B. Sonnet

la Guérison du paralytique