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L’œuvre : La Vocation de Sainte Radegonde

Ce tableau de grandes dimensions fut peint pour l’exposition des Arts et de l’industrie de 1851. L’œuvre montre la sainte patronne du Poitou au moment où elle renonce à tous les pouvoirs terrestres pour se tourner vers Dieu.

Princesse thuringienne, seconde épouse du roi franc Clotaire Ier, elle fonde le monastère Notre-Dame (devenu Sainte-Croix) à la suite d’un pèlerinage à Tours sur le tombeau de Saint Martin. Elle meurt en 587 dans son monastère et est enterré dans l’église abbatiale Sainte-Mère-de-Dieu (aujourd’hui église Sainte-Radegonde) à Poitiers. Elle est la sainte patronne de la ville de Poitiers et est vénérée dans tout  le Poitou.

La collégiale Sainte-Radegonde commanda à Viguier une œuvre dont le sujet était la vocation de la reine, mais on ignore s’il s’agit de cette toile. Nous pouvons supposer, avec beaucoup de prudence, que l’artiste a voulu rendre hommage à Radegonde Hivonnait, son premier professeur de dessin et peinture en répondant à une commande.

La vocation de Sainte Radegonde

Radegonde est représentée en pied, en habit de moniale dans une architecture religieuse. Le mouvement opposé de ses bras, l’un écartant la couronne de reine des Francs, l’autre tendu vers la percée lumineuse d’où descend un ange pour lui apporter la couronne d’épine, l’effet de contre plongée destiné à rehausser la taille des personnages génèrent une grande puissance plastique et une théâtralité spectaculaire. La touche lisse et l’importance accordée au dessin placent cette œuvre dans une veine proche de celle des Nazaréens, assez éloignée du travail habituel du peintre souvent critiqué pour la passion et la fougue dans son traitement de matière picturale.

La peinture a été récompensée par la médaille d’argent grand module de l’exposition et encensée par la critique. La Fizelière dans LeJournal des faits écrivit ainsi « M. Viguier, artiste heureusement doué d’un sentiment profond et coloriste vigoureux. Son grand tableau de sainte Radegonde a fait sensation » tandis que David de Thiais qualifia le tableau comme « une des pages capitales de l’exposition. »

La trace de l’œuvre est perdue après l’exposition jusqu’en 1859, lorsque le Secrétariat des Beaux-Arts décide d’envoyer à l’Eglise de Couhé un Christ et Marie-Madeleine peint par Chancel pour faire pendant à la Vocation de sainte Radegonde, probablement à la demande de deux membres de la famille Hastron, l’un futur maire de Poitiers, l’autre, maire de Couhé et conseiller général du canton. Les deux saintes résident toujours l’une à côté de l’autre.

 

L’artiste : Urbain Viguier

Artiste mal connu, dont la production est lacunaire et mal illustrée, Urbain Viguier est pourtant un artiste prolifique et engagé dans la vie artistique locale du Poitou.  Il nait en 1803 au sein d’une famille aisée. Avocat, rien ne le destine à la carrière de peintre jusqu’à sa rencontre avec Radegonde Hivonnait, née Aujollest-Pagè, professeur de dessin, fille du fondateur de l’école de dessin de Poitiers  et épouse de son directeur.

L’action artistique de Viguier est fortement marquée par la rivalité qui l’oppose aux fils Hivonnait dont il dénonce la mainmise sur le milieu de l’art poitevin. Viguier fonde en 1836 la deuxième école municipale de Poitiers et organise des expositions artistiques à partir de 1835 pour contrer ce monopole. Se réclamant de Léon Cogniet, il milite pour imposer le romantisme à Poitiers et créé la Société des amis des arts, une association de secours mutuel dont le but est de développer un réseau d’entraide et de confraternité pour les artistes. Son affiliation avec la Société du baron Taylor à Paris permet à la ville d’asseoir son importance et d’obtenir l’envoi de toiles de maîtres pour stimuler la création locale. Ainsi aux expositions de 1850 ? et de 1851, les artistes locaux exposent leurs œuvres aux côtés de tableaux de Delacroix, de Diaz, de Corot, de Vignon. Le dernier projet d’envergure de Viguier est la Galerie historique des rois de France composée de 83 tableaux exécutés de 1852 à 1853. Il expose une dernière fois en 1869 une peinture à l’huile conforme aux recherches picturales naturalistes dans la veine de Rousseau et Millet. Il s’installe à Niort en 1875 et lègue au musée municipal quatre de ses tableaux favoris. Il meurt en 1877.

Bibliographie


Thierry Allard, « La vie artistique poitevine sous la IIe République »,
Revue historique du Centre-Ouest, n° ? éditeur ? date ? année de publication ?
Thierry Allard, « Urbain Viguier, un peintre de référence du Poitou », Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, 2010

Ils en parlent

 

 

Projet mené par Mathilde Retif, Eva Fontaine, Zoé Imbert, José Carlos Aguilar, Margaux Knight, Rafaël Gudin et Irène Sarrode, étudiants à Sciences Po Poitiers

Le projet en images

L'équipe étudiante

La vocation de Sainte Radegonde, détail

La vocation de Sainte Radegonde