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Chaque semaine, la Sauvegarde de l’Art Français sélectionne pour vous 5 informations phares de la semaine. L’occasion de revenir sur l’actualité du patrimoine à ne pas manquer !

Actu du patrimoine 12

Chambord au cœur d’une exposition inédite

Emblématique de la Renaissance comme de l’histoire de France, Chambord célèbre cette année ses 500 ans. A cette occasion, une exposition phare intitulée « Chambord 1519-2019, l’Utopie à l’œuvre » revient non seulement sur le contexte précis de sa commande mais aussi sur la fascination qu’il suscite à l’heure actuelle. Plus de 150 œuvres en provenance de 33 collections internationales et 3 feuillets originaux de Léonard de Vinci composent le parcours de la visite. La première partie présente la construction du château à celle d’une cité idéale, fortement marquée par l’imaginaire de l’époque. L’exposition se tourne ensuite vers la figure de Léonard de Vinci. Convié par François Ier à venir vivre au Clos-Lucé, le génie italien meurt peu avant le début de la construction. Pour autant, son influence est manifeste dans de nombreux aspects de son architecture : son Codex Atlanticus compile plusieurs notes et dessins permettant de mettre à jour cette assimilation. Enfin, une dernière partie se concentre sur l’avenir de Chambord et de son chantier car le château n’a jamais été terminé. S’ouvrant sur de multiples propositions utopiques d’étudiants, l’exposition interroge bien plus concrètement qu’on ne le croit, notre rapport à ce patrimoine et son véritable devenir. Une exposition à ne pas manquer !

Saint-Émilion : un patrimoine paysager attractif qui pèse sur les habitants ?

Depuis quelques jours, Saint-Émilion, en Gironde, fête les 20 ans de son inscription au patrimoine mondial de l’humanité. Depuis l’attribution de ce label en 1999, le village a connu une augmentation de 30% de sa fréquentation touristique. En effet, pionnier dans le domaine viticole, Saint-Emilion constituait un patrimoine paysager authentique, qu’il était nécessaire de protéger. Premier vignoble à être reconnu par l’UNESCO, le village a pu grâce à l’inscription veiller à la conservation des terrasses étendues sur des coteaux abrupts. Aujourd’hui, Saint-Emilion attire toujours plus de touristes étrangers. D’après Jean-François Galhaud, co-président de l’Association Saint-Emilion – Patrimoine de l’Humanité, il y a néanmoins un point de vigilance : le village de 150 habitants doit préserver ses logements et ne pas céder trop d’espaces. Pour l’heure, Saint-Émilion souhaite battre son record de fréquentation pour ses 20 ans.

Les spoliations au sortir de la guerre : des restitutions en suspens

Soixante-quinze ans après la guerre, la question des œuvres d’art volées aux familles juives persécutées est toujours d’actualité. En témoignent la création d’une Mission de recherche et de restitution des biens spoliés aux juifs et une exposition au Mémorial de la Shoah. Aujourd’hui, plus de 2100 œuvres sont réellement orphelines et répartis dans les Musées des Beaux-Arts, estampillées « Musées Nationaux Récupération » (MNF). Un moyen de reconnaitre aisément les toiles volées pendant la Seconde Guerre mondiale à des familles juives en fuite ou anéanties. Évidemment, ce devoir de restitution inclut toutes les œuvres qui se sont volatilisées ou qui ont été acquises dans des conditions douteuses. Un travail de longue haleine que la Mission de recherche et restitution, créée tout juste au printemps se charge d’accomplir : tous les ayants droits des personnes spoliées devront les contacter pour lancer les investigations sur la provenance des tableaux et retracer leur parcours. Pour les mener à bien, un budget de 200 000 euros a été alloué à une équipe de 7 personnes. A la fin de la guerre, le nombre d’œuvres spoliés avait été estimé à 100 000 : seules 61 000 œuvres ont été retrouvées, dont 45 000 d’ores-et-déjà restituées. Face à ce fossé, le doute plane : est-il réaliste de pouvoir retrouver tous les héritiers ? Pour de nombreux experts, tels que Mme Polack, historienne, c’est impératif, car restituer un bien c’est restituer une mémoire et reconnaître une exaction.

Tribune de graphistes : les dérives du mécénat de compétence 

Pour les designers graphiques et les directeurs d’écoles d’art, le constat est sans appel : les institutions culturelles ont de plus en plus recours à des grandes entreprises de communication via le mécénat de compétence. Devenu courant, cet usage tend à contourner les règles d’appel d’offres prévues par le code des marchés publics. Sans aucune mise en concurrence, les agences décrochent la commande : une tendance qui cloisonne la marge de manœuvre des petites entreprises et graphistes indépendants, alors que le domaine culturel constituait auparavant le cœur de leur activité. Aujourd’hui, les institutions sont obligées de compenser la baisse de leurs budgets de fonctionnement et de trouver des mécènes. Les agences de publicité de grands groupes internationaux s’appuient sur la loi Aillagon pour démarcher les musées et « offrir » leurs services à partir d’une convention. En retour, elles bénéficient d’une certaine respectabilité. Cette pratique de plus en plus répandue réduit considérablement les opportunités de structures plus modestes. Blâmant le rôle de l’État, les rédacteurs de la tribune craignent la marginalisation à venir de ces professionnels indépendants : un phénomène qui mettrait en péril l’enjeu même de la création. Affaire à suivre.

La modélisation 3D au secours du patrimoine ?

Face à la fragilité du patrimoine se pose la question de son devenir. Si l’entreprise Art graphique et patrimoine n’a pas la réponse, elle tente du moins de pallier cette menace par la numérisation. Ainsi, depuis 25 ans, sa mission consiste à faire des copies 3D des édifices du patrimoine français dans l’objectif d’être capable de pouvoir un jour, les restaurer, les reconstruire, ou tout simplement les étudier s’ils venaient à disparaitre. Mont Saint-Michel, Château de Versailles, Musée du Louvre, Cité romaine de Palmyre : autant de monuments emblématiques que l’entreprise a pu immortaliser en 3D. Aujourd’hui, son action s’étend sur plus de 2000 édifices en France et à l’étranger. Gaël Hamon, tailleur de pierre de formation, fonda cette entreprise, convaincu de l’intérêt de ces copies au centimètre près. Suite au drame de Notre-Dame, Art graphique et patrimoine fut en charge de capturer la structure ravagée en vue de reconstruire les parties à l’identique, preuve que la numérisation n’est plus au stade de l’archive et déjà à celui de l’avenir.