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Chaque lundi, la Sauvegarde de l’Art Français sélectionne pour vous 5 informations phares de la semaine. L’occasion de revenir sur l’actualité du patrimoine à ne pas manquer !

Les experts du patrimoine lancent un appel à la prudence au Président

Depuis plusieurs jours, une lettre ouverte inédite circule dans le secteur du patrimoine. L’objectif ? Rassembler le maximum de signataires pour appeler au bon sens le gouvernement français et le convaincre de respecter le Code du Patrimoine durant la restauration de Notre-Dame. Plus de 1170 conservateurs, architectes, professeurs renommés interpellent aujourd’hui Emmanuel Macron dans une tribune collective. Avec l’adoption d’un projet de loi en Conseil des ministres, le gouvernement pourrait s’affranchir des règles de protection du patrimoine. Soucieux du devenir de Notre-Dame et de son chantier imminent, les experts redoutent plus que jamais les futures orientations du gouvernement, qui affirme vouloir « reconstruire » Notre-Dame en seulement 5 ans… Le souhait des signataires est aujourd’hui de garantir une restauration sereine et pertinente.

Le constat alarmant des autres 5500 «petites Notre-Dame en France»

Depuis l’incendie, la souscription pour Notre-Dame est au cœur des médias, certains craignant qu’elle ne fasse de l’ombre aux autres édifices religieux en péril. Le curé de Saint-Louis à La Roche-sur-Yon, qui n’a récolté que 2600 euros sur les 6,5 millions d’euros nécessaires pour son église, n’est pourtant pas du même avis, persuadé que cette mise en lumière ciblé sur la cathédrale parisienne a des chances de réveiller les Français et les pouvoirs publics sur le nombre exorbitant d’églises dans le besoin. L’Observatoire du patrimoine religieux (OPR) en a d’ailleurs inventorié plus de 5500, dont 500 pour lesquelles l’urgence est de mise. Infiltrations, chutes de pierres : autant de dégradations qui engagent une restauration à court terme. Pourtant, ces travaux à la charge des communes, ont un coût important que bien souvent ces dernières ne peuvent supporter seules, particulièrement pour les églises non protégées au titre des Monuments Historiques qui ne peuvent bénéficier de subventions de l’État. Dans cette impasse récurrente, les souscriptions se multiplient mais le malaise reste présent, d’autant plus lorsque les restaurations sont de simples « sparadraps » sur les façades et excluent le riche patrimoine qu’elle conserve gratuitement…

Le mécénat, un outil critiqué à tort ?

François Debiesse, président de l’Admical, association qui développe le mécénat des entreprises et des entrepreneurs, regrette la polémique autour des dons de Notre-Dame de Paris. Ce dernier croit au bien-fondé de la philanthropie au bénéfice de l’intérêt général. Dans une tribune du magazine Les Echos, M. Desbiesse revient sur les trois critiques majeures adressées aux mécènes et tente de les déconstruire. Être mécène, est-ce vraiment se donner le beau rôle ? Contribuer à la restauration de Notre-Dame, est-ce oublier les misérables ? In fine, cette générosité est-elle supportée uniquement par l’État ? Sans cesse montrés du doigt, ces entrepreneurs engagés constituent pourtant, d’après le président de l’Admical, « une chance pour la France » – à la seule condition qu’elle s’inscrive dans une projet de société « co-construit ».

Une Biennale à Versailles pour construire la ville de demain

Du 4 mai au 13 juillet, l’enceinte du château de Versailles et la ville accueilleront la Biennale d’architecture et de paysage. Élaborée par François de Mazières, maire et commissaire général, la Biennale est un projet dont il rêvait déjà lorsqu’il était président de la Cité de l’architecture et du patrimoine. Reconnue comme la première « ville-nature » grâce à sa transition écologique, Versailles était l’écrin idéal pour accueillir cette première édition. Autour de six expositions sur six sites distincts, la Biennale évoque de nouvelles façons de concilier la nature, l’homme et la ville dans la continuité de la Cop21 et du Grand Paris. L’atout non négligeable de l’événement est la contribution de figures éminentes telles que Djamel Klouche et Alexandre Chemetoff, architectes ou encore Christine Desmoulins, historienne de l’architecture, qui proposent entre autres au public des installations éco-responsables et des débats : la promesse d’une programmation pour le moins inspirante…

Un retable cher au patrimoine niçois, restauré

Découvrant enfin les causes de dégradation, Robert Jourdan, conservateur régional des Monuments Historiques, prit la décision de restaurer un retable du XVIème siècle, peint par Louis Bréa et représentant la crucifixion du Christ. Souffrant d’un chauffage excessif et d’infiltrations d’eau à répétition, le retable de 1512, nécessitait en urgence une restauration minutieuse. En effet, l’intervention s’avérait plutôt délicate en raison de la réintégration d’un pigment d’origine, l’azurite, au niveau du manteau de la Vierge. Le travail de la restauratrice en chef, Danièle Amoroso, dura d’ailleurs trois années consécutives. Son objectif n’était pas de repeindre l’œuvre mais de lui apporter « une meilleure lisibilité ». Au total, 150 000 euros ont été dépensés pour lui redonner son lustre d’antan : le résultat est désormais visible au musée Masséna de Nice. L’œuvre ne réinvestira l’abbatiale du monastère de Cimiez, son lieu d’origine, que dans deux ou trois ans, lorsque les aménagements nécessaires à sa conservation auront été réalisés.