Larressingle honore les artisans de son sauvetage
Cent ans après les actions menées par le duc de Trévise, La Sauvegarde et le Comité de Boston pour préserver le village fortifié de Larressingle, la commune a inauguré deux nouveaux espaces publics : le chemin du Duc de Trévise et la place de Boston. Une cérémonie empreinte d’histoire qui a mis en lumière l’engagement de ceux qui ont permis de transmettre aux générations futures l’un des joyaux patrimoniaux du Gers.
Une cérémonie placée sous le signe de la mémoire
Le 17 juin dernier, élus, habitants et représentants du monde associatif et patrimonial se sont réunis au cœur de l’enceinte fortifiée de Larressingle pour assister au dévoilement des plaques du chemin du Duc de Trévise et de la place de Boston.
Parmi les personnalités présentes figuraient Alain Duffourg, sénateur du Gers, Patricia Espéron, conseillère départementale, le général Cambournac, maire de La Romieu, ainsi que les présidents des Amis de l’abbaye de Flaran et des Amis de l’église de Larressingle, et la présidente des Amis de l’église d’Heux.
Après l’accueil des participants, plusieurs interventions ont retracé les circonstances qui ont conduit à la renaissance de Larressingle, avant qu’un moment de convivialité offert par la municipalité ne prolonge les échanges. La journée s’est poursuivie par un déjeuner organisé par les Amis de Larressingle, puis par une visite de l’enceinte et une présentation des travaux de restauration à venir.
De gauche à droite : Jacques Lapart, président de la Société archéologique du Gers ; Olivier de Rohan Chabot, président de la Fondation pour la Sauvegarde de l’Art Français ; Xavier Fernandez, maire de Larressingle ; Nathalie Duclovel-Pame, sous-préfète de Condom ; et Philippe Beyries, président délégué des Amis de Larressingle.© RF32
Larressingle à l’origine de la création de La Sauvegarde
Peu de personnes savent aujourd’hui que la préservation de Larressingle fut à l’origine même de la création de La Sauvegarde par Édouard Mortier, duc de Trévise, en 1921.
Confronté à l’état préoccupant du village, le duc imagina un modèle original de financement de la protection du patrimoine. Lorsque La Sauvegarde fut reconnue d’utilité publique en 1925, elle obtint la possibilité d’acquérir des maisons afin de les restaurer et d’assurer leur conservation.
Cette reconnaissance permit d’engager concrètement les opérations qui allaient sauver Larressingle de la ruine.
Le soutien décisif du Comité de Boston
Le projet du duc de Trévise reposait sur une idée novatrice : faire « adopter » des sites français par des mécènes américains regroupés en comités locaux.
Chaque comité se voyait attribuer un lieu particulier. Pour Larressingle, c’est vers le Comité de Boston que se tourna le duc afin d’obtenir les fonds nécessaires à l’acquisition des maisons menacées.
L’opération fut conduite dans la plus grande discrétion. Afin d’éviter toute spéculation immobilière susceptible de faire augmenter les prix, très peu de personnes furent informées de l’origine des financements. Cette stratégie permit à La Sauvegarde de procéder aux acquisitions indispensables à la restauration du village.
Une histoire qui continue de vivre
L’hommage rendu cette année a également permis de souligner la continuité des liens tissés autour de cette aventure patrimoniale.
L’association des Amis de Larressingle entretient en effet depuis de nombreuses années des relations suivies avec le Comité de Boston, notamment à travers l’Albers Foundation.
En baptisant ces deux espaces publics, Larressingle inscrit désormais dans son paysage urbain le souvenir de ceux qui ont contribué à sa protection. Une manière de rappeler que la sauvegarde du patrimoine est souvent le fruit d’engagements discrets, mais déterminants.
Notre histoire
Un siècle d’engagement pour le patrimoine français


