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Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art Français

face au Lubéron, un ancien couvent des frères carmes du xIIIe siècle a besoin de nous !

Édifié au milieu du XIIIe siècle, près de Ménerbes dans le Vaucluse, l’ancien couvent Saint-Hilaire, appelé désormais abbaye, a gardé son plan conventuel et son unité architecturale.

Depuis 1961 jusqu’à aujourd’hui, cet ancien site religieux et les terres alentour appartiennent à la famille Bride qui a entrepris de nombreuses restaurations et accueille le public plus de 6 mois par an.

Pour l’aider à mener à bien les études et d’importants travaux de restauration de ce superbe site, la Sauvegarde de l’Art français en appelle à votre générosité !

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art FrançaisL’entrée de la chapelle, le tamaris, l’hôtellerie. Crédits photo : V. Jacob.

l’un des premiers couvents de l’ordre des carmes dans le sud de la France

Son origine est liée aux Croisades lorsque des ermites du Mont-Carmel quittent la Terre Sainte pour se réfugier en Europe. Vers 1244, ils s’installent dans la grotte ermitage des Aygalades à Marseille.

Quelques années après, un petit groupe, bien accueilli à Ménerbes, reçoit des terres sur une pente forte dotée de grottes troglodytes face au Lubéron.

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art Français

Peu à peu, les Carmes vont bâtir un couvent en commençant par une petite chapelle romane puis une autre plus vaste ainsi qu’un réfectoire. Au XVIIe siècle, ils construisent autour du cloître la salle du chapitre et, au premier étage, un dortoir. Ils aménagent ensuite des terrasses de murs de pierres sèches pour permettre la culture du blé, de la vigne et de l’olivier.

A cet ensemble s’ajoutent les grottes creusées dans la falaise dont la plus grande a pu servir de chapelle pendant la construction. De part et d’autre du bâti, des remblais ont façonné des terrasses (verger, potager et aire de battage).

Face à l’insécurité, le couvent s’enferme dans des murs élevés tandis qu’au Sud un important mur de soutènement (rempart et tour) retient le terrain.

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art Français

cinq siècles d’une histoire tumultueuse

Devenu Ordre Mendiant en 1274, l’élan religieux carme, à la fois contemplatif et apostolique, évolue vers les villes. Dans la région sont ainsi fondés les couvents d’Avignon et d’Apt.

Pourtant, les carmes de Saint Hilaire restent dans leur ermitage. Ils construisent et aménagent leurs terres agricoles jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, tout en nouant une solide relation avec les villageois alentour.

Le couvent mis à mal par les guerres de Religion

La région est éprouvée au cours du temps par la peste et les disettes. Mais ce sont les guerres de Religion qui vont atteindre le plus durement le couvent. Attaqué et pillé par les troupes protestantes en 1570, il est littéralement mis à sac en 1585.

A la suite de cet évènement dramatique, Saint-Hilaire demeure abandonné quelques années. C’est grâce à la prise en charge des coûts liés aux travaux de restauration par les couvents réformés de la Provence que les Carmes pourront retourner à Saint-Hilaire.

De la surprenante expulsion des Carmes par le Pape

Au milieu du XVIIe siècle, à la demande de l’évêque de Cavaillon qui convoite l’édifice, le pape Alexandre VII supprime le couvent pour y transférer le petit séminaire de Cavaillon et bénéficier de ses revenus agricoles.
Prétextant le faible nombre de religieux et leur prétendue inutilité, le Pape expulse ainsi les Carmes de leur couvent.

Mais c’était sans compter sur la mobilisation des villageois des environs qui, choqués par la violence avec laquelle furent chassés les religieux, se révoltèrent pour défendre les droits des Carmes. Attachés aux religieux et reconnaissants de leurs services (sacrements, prêches, aides aux pauvres, prières pour l’au-delà…), les habitants de Ménerbes et du village voisin de Lacoste adressent en 1658 une supplique au Pape et au Roi Louis XIV pour obtenir le retour des Carmes dans leur couvent.
Cette demande est appuyée par le roi Louis XIV qui écrit au Pape qu’il « n’est pas possible d’introduire de telles pratiques qui donneraient la liberté de chasser [ses] sujets des couvents qui ont été fondés par nos prédécesseurs ».

En 1660, la vie régulière reprend.

Au XVIIe s., un nouvel essor : la fondation carme du sanctuaire de Notre-Dame de Lumières à Goult

En 1661, dans le village voisin se produit un miracle : Antoine de Nantes, dit Jalleton, guérit d’une maladie suite à l’apparition, près de grottes au-dessous de Goult, d’un « très bel enfant rayonnant de lumière » que l’on prit pour l’Enfant Jésus lui-même. Cet évènement fit grand bruit dans tout le pays alentour.

En visite au couvent de Saint-Hilaire, le Prieur Général des Carmes, Michel du Saint-Esprit, vint constater les faits. Il organisa les pèlerinages qui s’y étaient spontanément établis. De nouveaux miracles, répertoriés par ses soins, accréditèrent rapidement cette initiative. Dès 1668, grâce aux largesses des pèlerins, une église est bâtie. Appelée Notre Dame de Lumières, c’est aujourd’hui encore un site de pèlerinage renommé dans toute la région, du Languedoc aux Alpes du Sud.

Après cinq siècles de vie religieuse, deux siècles de vie agricole

En 1768, Saint-Hilaire ne compte plus que deux ou trois religieux contre huit en 1652. En conséquence, la Commission des Réguliers propose la suppression de Saint-Hilaire qui sera effective en 1779, tandis que tous ses biens sont incorporés au couvent carmélitain d’Avignon.

Sous la Révolution, lors de la réunion des États Pontificaux d’Avignon à la France, le couvent est vendu en 1792 comme bien national à un industriel d’Avignon.

Tout au long du XIXe siècle, le couvent passe entre plusieurs mains dont celles des cisterciens de Sénanque qui en font l’acquisition en 1858 et entreprennent les travaux destinés à utiliser Saint-Hilaire comme grange monastique. Les propriétaires suivants adapteront l’édifice aux contraintes d’une exploitation agricole.

En 1909, un séisme de magnitude 6.2 affecte la structure du bâtiment, dont une partie de la façade Est et du clocher s’écroule.

A la fin du XXe s., la famille Bride entreprend la restauration du couvent, classé Monument historique.

En 1961, des agriculteurs âgés décident de vendre l’édifice, alors divisé en deux propriétés,ainsi que les terres qui l’entourent dont quatre hectares de vigne.

C’est ainsi que René et Anne-Marie Bride, originaires de Reims, font l’acquisition d’une partie de Saint-Hilaire en 1961, puis de la seconde moitié en1967.

Après avoir obtenu le classement comme Monument Historique en 1975 de tout le bâti et des deux terrasses à l’intérieur du mur d’enceinte, ils entreprennent de grands travaux destinés à rendre ce lieu habitable tout en respectant son caractère monacal.

Désireux de partager avec le plus grand nombre la beauté des lieux qu’ils ont le plaisir d’occuper, René et Anne-Marie Bride ouvrent grandes les portes de Saint-Hilaire pour faire découvrir aux visiteurs le couvent tel qu’il était à la fin du XVIIIe siècle, avant le départ des Carmes.Deux messes par an, un concert par l’ensemble Gaudete et les journées du patrimoine permettent de rassembler les Amis de Saint-Hilaire réunis en Association pour soutenir les projets de restauration et l’animation de ce petit couvent resté authentique.

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art FrançaisRené et Anne-Marie Bride, propriétaires de l'ancien couvent

composition de l’édifice

Les bâtiments conventuels se développent autour d’un petit cloitre entouré de galeries à l’Est et à l’Ouest.

Accolée à la falaise selon une orientation Est-Ouest, se trouve la grande chapelle. Elle se compose d’une nef, voûtée en berceau et fermée à l’Est par un chevet plat percé d’un triplet d’étroites fenêtres. Une corniche peinte en noir parcourt les deux murs gouttereaux de la chapelle. Le mur extérieur du chevet porte les trous d’un pigeonnier.

 

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art FrançaisLe chevet plat, de type cistercien, éclairé par un triplet d'étroites lancettes, conserve des trous de boulins, vestiges d'un pigeonnier comptant parmi les plus anciens de la Provence.

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art FrançaisVue vers le choeur de la Grande chapelle monastique du XIIIe siècle.

De construction antérieure à la nef, une petite chapelle romane de la seconde moitié du XIIIe siècle est la première construction des Carmes.

Une chapelle gothique, voûtée d’ogives, a été construite grâce à un bienfaiteur inconnu. Elle est dédiée à Saint-Antoine du Sinaï, ermite du IVe siècle.Dans cette petite chapelle, le mur Est est orné sur toute sa largeur d’une fresque d’inspiration piémontaise, datée du XIVe siècle, représentant une Crucifixion. Elle comporte la seule représentation d’un carme de Saint-Hilaire.

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art FrançaisLa fresque de la chapelle latérale gothique, comporte la seule représentation d'un carme de Saint-Hilaire.

Côté Sud, la nef comprend deux ouvertures sur le cloître : une porte gothique et une porte romane.Lors des fouilles, plusieurs inhumations ont été retrouvées dans le cloître suivant l’usage de l’époque. Le cimetière des Frères est à rechercher derrière le chevet (Fouilles 2020). L’endroit est également un véritable lieu de mémoire comme l’attestent les épitaphes de frères décédés en 1254 et 1281.

Les terrasses sont entourées d’un mur d’enceinte protecteur.Au Nord, des ouvertures dans la falaise donnent accès à une série de grottes, creusées dans la roche.Une fois le couvent bâti, les grottes ont connu un usage agricole et d’entrepôt, comme en témoignent deux silos et un pressoir à huile.

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art FrançaisEntrée de l'une des cavités troglodytes.

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art Français

A l’étage, une galerie dessert cellules et chambres de dimensions variées. Une pièce a même été construite au-dessus du chœur de la chapelle ainsi qu’un petit clocher. Ces deux étages sont desservis par une tour du XVe siècle dont l’escalier à vis vient d’être restauré en 2020 avec la dépose de soixante marches de pierres. Ce chantier impressionnant a permis la reposition de trente marches anciennes et de trente nouvelles.

Vue vers le chœur de la grande chapelle monastique du XIIIe siècle.

des désordres d’humidité liés à une configuration particulière des lieux

Ce lieu exceptionnel souffre hélas de sa configuration : des eaux de ruissellement venant du versant Nord (calcaire), auquel sont ancrés le bâti et les cavités troglodytes, exercent des poussées sur le rempart méridional qui menace de s’effondrer. Déjà, des pluies ont provoqué des éboulements et des infiltrations d’eau dans les grottes, interdites d’accès depuis trois ans.

D’une manière générale, les réseaux d’évacuation des eaux pluviales sont sous-dimensionnés. Ainsi, en cas de forte pluie, l’eau ravine le terrain. Une nouvelle gestion d’évacuation de l’eau doit être prévue.

Par ailleurs, le décor peint de la chapelle gothique, restauré en 1999, est gravement menacé par l’humidité qui provient de la roche contre laquelle s’adossent les petites chapelles romanes et gothique. Son sauvetage est en cours.

Afin d’aider à la réalisation des études géologiques et hydrologiques, aux travaux urgents de drainage et de consolidation des remparts, ainsi qu’au sauvetage, en cours, de la fresque du XIVe siècle, l’association des Amis de Saint-Hilaire et la Sauvegarde de l’Art Français lancent un appel au don : chaque contribution compte!Merci pour votre générosité.

Notice rédigée d’après les études historiques d’Anne Bride, consultables dans leur intégralité sur le site internet de l’abbaye Saint-Hilaire et l’étude sanitaire de l’agence Architecture & Héritage – Renzo Wieder (2016).

Le projet en images

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art Français

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art Français

Le mur d’enceinte, rempart et tour. Crédits photo : Drone Morgallet

Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art Français

La forêt est restée sur le versant trop raide, à l'Ouest, tandis qu'à l'Est et au sud, la pente a été aménagée en terrasse avec les oliviers. Crédits photo : Guillaume Jeannin

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Ménerbes (84) Ancienne Abbaye Saint-Hilaire - Sauvegarde de l'Art Français

L’entrée de la chapelle, le tamaris, l’hôtellerie. Crédits photo : V. Jacob.

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Au centre du bâti, le cloître. Crédits photo : Drone Morgallet.

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"Frère Bertrand... Prêtre bienveillant repose ici. Le Christ qui régit le monde entier gouverne son âme. Il décéda le 13 des calendes de décembre l'an du Seigneur 1254"

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Découverte d'une fosse ayant conservé les ossements des frères Carmes (XIVe) lors de fouilles archéologiques dans la cour du chevet. Direction Margot Hoffelt. Juin 2020.

Ménerbes (84) Abbaye Saint-Hilaire

Chantier archéologique juin 2020. Crédit photo : Margot Hoffelt

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Entrée de l'une des cavités troglodytes.

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Le chevet plat, de type cistercien, éclairé par un triplet d'étroites lancettes, conserve des trous de boulins, vestiges d'un pigeonnier comptant parmi les plus anciens de la Provence.

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La chapelle gothique latérale, englobée dans la falaise.

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Vue vers le choeur de la Grande chapelle monastique du XIIIe siècle.

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La fresque de la Crucifixion (XIVe s.), conservée dans la chapelle gothique.

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La fresque de la chapelle latérale gothique, comporte la seule représentation d'un carme de Saint-Hilaire.

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René et Anne-Marie Bride, propriétaires de l'ancien couvent

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La façade Est, le chevet et le clocher.

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