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Située dans le lycée horticole de Saint-Ilan (Côtes-d’Armor), l’imposante chapelle de style néo-gothique trône entre terre et littoral breton. Abandonnée depuis les années 60, elle est un élément constitutif du patrimoine local que tente de préserver l’association pour la restauration de la chapelle et l’association Vieilles Branches, Jeunes Pousses.

Vue de la chapelle - © André Bouguen

Une colonie inspirée par un idéal d’éducation chrétienne

Le projet de Saint-Ilan est né de l’initiative d’un homme : Achille du Clésieux (1806-1893). Notable et homme de lettres, figure des milieux catholique et littéraire, ami des romantiques Lamartine et Chateaubriand, il se consacre à des œuvres de bienfaisance pour la jeunesse et les classes ouvrières. Profondément marqué par le dénuement des populations agricoles, il souhaite rénover et réformer par l’éducation le système en y intégrant notamment des jeunes délinquants réhabilités.

Il fonde en 1843 l’Œuvre de Saint-Ilan qui aura pour but de fournir une éducation et un apprentissage à ces jeunes. Les travaux de la colonie agricole pénitentiaire débutent en 1846 et du Clésieux confie la réalisation de la chapelle à l’architecte caennais Pelefresne, qui avait notamment œuvré pour la construction de Saint-Pierre de Caen. La chapelle est le lieu central de cette nouvelle colonie où la réhabilitation passe par le travail et la foi. L’administration pénitentiaire confie ainsi à Saint-Ilan de jeunes détenus qui viennent apporter leur force de travail à la colonie et vivent avec des élèves et des contremaîtres formés sur place. En 1855, les pères du Saint-Esprit investissent Saint-Ilan et créent un collège pour instituteurs et un séminaire.

En 1894, le frère Fulbert, artiste-peintre, réalise les peintures murales de la chapelle en s’inspirant des décors de l’église de Saint-Germain-des-Prés. Cet artiste créera aussi les décors de l’église Saint-Denis de la Réunion. La chapelle de Saint-Ilan se pare ainsi de magnifiques décors représentant les saints tandis que les voûtes d’ogive sont richement ornées. En 1946, on transfère les reliques de Saint-Léon dans la chapelle.

Mais en 1966, la chapelle est délaissée au profit d’une nouvelle construite par les Pères spiritains dans les locaux du séminaire. La belle chapelle de Saint-Ilan est progressivement abandonnée et subit les aléas du climat et du temps.

© André Bouguen

Des associations engagées pour restaurer ce patrimoine

Avec son style néo-gothique et ses peintures murales, la chapelle de Saint-Ilan a impressionné et conquis le cœur de passionnés qui s’engagent pour préserver et restaurer ce patrimoine remarquable.

« L’association « Vieilles Branches, Jeunes Pousses » regroupe les personnels ayant exercé au Lycée Saint-Ilan, tout ou partie de leur carrière. Très attachée à l’éducation des jeunes, l’association se met régulièrement au service de l’établissement pour un « coup de main » à la formation, chacun le faisant en fonction de son domaine d’expérience.

L’association a, dès sa création, souhaité renforcer par son action la sauvegarde de la chapelle qui a dominé par sa présence notre vie au lycée. L’association « les amis de la Chapelle » créée autrefois, dont l’objet unique était la sauvegarde de l’édifice, est fortement associée à toutes nos démarches. »
Jocelyne Cacciali, présidente de l’association « Vieilles Branches, Jeunes Pousses »

Le conseil d’administration de l’association de gestion de l’établissement, propriétaire de l’édifice, conduit l’œuvre de sauvegarde et a engagé d’importants travaux de restauration. Conscient de l’importance du patrimoine dont il a hérité, il forme avec l’association de sauvegarde le fer de lance de la renaissance de la chapelle de Saint-Ilan.

© André Bouguen

La Sauvegarde au chevet de ce patrimoine en danger

Mercredi 30 septembre, Olivier de Rohan Chabot, président de la Sauvegarde de l’Art Français, et Jean-Michel Leniaud, président du Conseil Scientifique de notre Fondation, se sont rendus à Saint-Ilan pour visiter la chapelle. Accompagnés par les membres du bureau de l’association, ils ont pu découvrir l’histoire du lieu et visiter la chapelle.

« Plusieurs arguments, me semble-t-il, militent en faveur de l’inscription.

Sous l’angle historique, la proximité du fondateur avec J.-B. Lamennais, le frère de Félicité ; le cadre général des colonies pénitentiaires, en particulier celle de Mettray, construite par A. Blouet près de Tours et connue par l’un de ses pensionnaires ultérieurs, Jean Genet.

Sous l’angle de l’histoire de l’art, la référence inhabituelle à l’architecture normande et l’étonnant rapprochement avec l’église de Saint-Denis de La Réunion dont les décors viennent d’être restaurés.

De plus, l’énergie du petit groupe qui s’emploie à faire revivre cette chapelle est surprenante et admirable. »
Jean-Michel Leniaud, président du Conseil Scientifique de la Sauvegarde.

Monument témoin d’un idéal et d’une époque, la chapelle de Sain-Ilan mérite d’être sauvée avec le concours des autorités publiques et de la Sauvegarde de l’Art Français.

© André Bouguen