À l’occasion de Fine Arts Paris, La Sauvegarde de l’Art Français a présenté trois œuvres majeures restaurées dans le cadre du « Plus Grand Musée de France ». Parmi elles, un Saint Sébastien attribué au Bernin. Une nouvelle étude de la sculpture, conservée dans une église des Yvelines, a permis d’éclairer les débuts du jeune artiste.

Sur le stand du « Plus Grand Musée de France », trois œuvres habituellement conservées dans des églises ont exceptionnellement été réunies : le Saint Sébastien, daté de 1615 et attribué au Bernin, Le Christ bénissant de Jusepe de Ribera, peint vers 1607–1608, et Le Ravissement de sainte Madeleine, réalisé vers 1649 par l’atelier de Simon Vouet. Ces pièces avaient chacune bénéficié d’une restauration grâce au soutien de mécènes et de partenaires.

« Cette campagne, qui entre dans sa quatorzième année, a déjà permis de collecter 3,3 millions d’euros grâce au concours de 400 000 citoyens engagés, qui ont ainsi permis la restauration de 450 œuvres d’art. »
Olivier de Rohan Chabot, président de la Fondation

Des œuvres qui peuvent se nicher partout, comme l’explique Mélanie Conrard, cheffe de projet Communication 360 chez Allianz France : « Les églises sont bien souvent l’endroit où l’on découvre le plus de trésors cachés, mais pas seulement : cela peut être dans des mairies, dans des bibliothèques… La beauté et la préciosité sont parfois là où on ne les attend pas. »

Le stand du PGMF au salon Fine Arts Paris, au Grand Palais. © Louis-Marie Dhérot

Le Saint Sébastien se révèle

L’histoire du Saint Sébastien est aussi celle d’une attribution réévaluée. Installée dans l’église Saint-Martin de Jouy-en-Josas, la sculpture était attribuée à Pierre Puget avant que des recherches ne la rapprochent de la production du jeune Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin.

« Je suis parti de l’attribution à Puget, qui était le maître de Filippo Barodi, un artiste qui travaillait à Venise. En voyant cette sculpture, je l’ai mise en relation avec un document connu depuis 2001 représentant un saint Sébastien réalisé par Le Bernin, daté de la fin de 1618, à un moment où l’artiste commence à s’émanciper de l’atelier de son père. »
Maichol Clemente, historien de l’art spécialiste de la sculpture vénitienne

La sculpture reste toutefois marquée par le style de Pietro Bernini, dans l’atelier duquel Gian Lorenzo s’est formé. En l’absence de signature, l’analyse du style et la comparaison avec les œuvres du Bernin ont permis d’attribuer la statue à l’artiste italien.

Maichol Clemente, à l’origine de la nouvelle attribution du Saint Sébastien. © Louis-Marie Dhérot

Une restauration portée par « Le Plus Grand Musée de France »

Restauré par Sébastien Forst et Leïla Léourier, le Saint Sébastien avait été choisi par 1 500 votants dans le cadre du concours « Le Plus Grand Musée de France », organisé par La Sauvegarde de l’Art Français et Allianz France. Quelques mois plus tard, début février 2026, il était exposé au palais Barberini, à Rome.

« Notre travail s’est déroulé en plusieurs étapes. La première a consisté à observer l’œuvre et à relever les traces d’outils, ainsi qu’à photographier les altérations. Après des tests préalables, nous avons pu nettoyer l’œuvre, qui était très encrassée, avec des techniques assez douces. »
Leïla Léourier, restauratrice de sculptures indépendante

Du secret de l’église Saint-Martin à la lumière du Grand Palais, le Saint Sébastien a ainsi trouvé une nouvelle résonance. Daniela Ortenzi-Quint, première adjointe au maire de Jouy-en-Josas, témoigne de cette évolution :

« Plusieurs années se sont écoulées depuis l’hypothèse formulée par Maichol Clemente en 2022, les études qui ont suivi et la reconnaissance de l’attribution par les Italiens. Il est donc possible qu’une partie des Jovaciens ne soit pas encore au fait de cette attribution. Il nous appartient maintenant de la faire connaître. Nous organiserons en janvier, à l’occasion de la Saint-Sébastien, une petite festivité autour de l’œuvre, qui sera alors de nouveau chez elle, dans l’église Saint-Martin. »

Daniela Ortenzi-Quint, première adjointe au maire de Jouy-en-Josas, évoque la place de la sculpture dans la commune. © Louis-Marie Dhérot

© Louis-Marie Dhérot

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Vasevoll, partenaire de l’évènement © Louis-Marie Dhérot

© Louis-Marie Dhérot

© Louis-Marie Dhérot

Vasevoll

La Sauvegarde de l’Art Français remercie chaleureusement Vasevoll pour le prêt d’un vase en piédestal, présenté sur le stand du « Plus Grand Musée de France ».

« Le patrimoine mobilier public souffre du manque de moyens. Notre projet est de le rendre visible, de sensibiliser les habitants et de trouver les financements nécessaires à sa restauration. »
Maude Sorlat, cheffe de projet – « Le Plus GRANd Musée de France »

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