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Manifeste d’une architecture classique des XVIIe et XVIIIe siècles, la collégiale – telle que nous la connaissons aujourd’hui – fut construite en 1629 à partir de l’église primitive de Vitry-le-François. 

Toutefois, en presque 400 ans, la collégiale s’est considérablement dégradée : l’usure des maçonneries, endommagées par le gel, menace la pérennité de l’édifice.

Depuis dix ans, le soutien anonyme d’un généreux mécène a permis à la collégiale de s’engager dans une exceptionnelle restauration

Vitry-le-François - Collégiale de l'Assomption Fondation La Sauvegarde de l'art françaisLa collégiale Notre-Dame-de-l'Assomption

Une nouvelle ville à l’effigie de François Ier : l’érection de la collégiale

Fondée par Blanche de Navarre en 1212, la collégiale demeurait à l’origine dans son château de Vitry (aujourd’hui Vitry-en-Perthois). Suite à la destruction du site en 1544 par les troupes de Charles Quint, François Ier prend la décision de construire, non loin de là, une ville nouvelle en son propre honneur : Vitry-le-François.

Vitry-le-François - Collégiale de l'Assomption Fondation La Sauvegarde de l'art françaisVue de Vitry-le-François

Quarante ans plus tard, l’ancien chapitre de chanoines séculiers de Vitry-en-Perthois vint s’installer dans l’église de la fondation royale, consacrée sous le nom de Notre-Dame-de-l’Assomption en 1557. La population croissante, l’église fut agrandie en pierre de taille. Tous les vitryats furent alors tenus de participer au financement de la construction, quelle que fût leur confession. Les travaux débutèrent en juin 1629 et durèrent presque 300 ans. Au fil du chantier, les différents architectes furent soucieux de respecter les plans d’origine pour garder la cohérence du projet.

Un édifice manifeste de l’architecture classique du XVIIe siècle

La collégiale est la dernière grande entreprise du diocèse de Châlons. Son homogénéité architecturale et son imposante façade font de la bâtisse un édifice remarquable à tout point de vue. S’élevant à plus de 41 mètres, la façade se compose de trois niveaux, distingués successivement par les portails, les baies et les deux tours carrées. Les façades latérales aux balustrades fleurdelisées sont semblables. Les meurtrières qui éclairent les escaliers des tours et du transept rappellent la vocation de refuge de la collégiale dont la défense était à l’origine confiée à la compagnie de l’arquebuse et à la milice urbaine. Quant à l’intérieur, baigné de lumière, il frappe par sa grande sobriété et son harmonie. La prouesse architecturale réside dans le déploiement immense des arcs doubleaux. En effet, l’anse de panier qui sépare, de part et d’autre de la nef, ses collatéraux, élargit la perspective, de sorte à la rendre spectaculaire.

Vitry-le-François - Collégiale de l'Assomption Fondation La Sauvegarde de l'art françaisVue de la nef intérieure

Du décor au mobilier : un monde enchanté  

Ornée d’une riche décoration, la collégiale fut sans cesse agrémentée de nouveaux mobiliers, appartenant à des styles du XVIe au XXe siècles. Les chapelles et le chœur abritent de nombreux objets d’art dont un grand nombre est protégé au titre des Monuments Historiques. Le maître-autel en marbre, pierre et bronze doré, surmonté d’un baldaquin en bois doré, s’élève majestueusement au centre de l’espace liturgique. Construit dans les Ardennes pour l’abbatiale Saint-Denis de Reims, il fut vendu comme bien national à la Révolution puis revendu à la collégiale de Vitry en 1876. Sa croix et les six chandeliers qui l’entourent, ont été réalisés pour le sacre de Charles X à Reims. L’orgue, autre joyau de l’édifice, est l’oeuvre du facteur d’orgues Jacques Cochu.
Le parcours intérieur est scandé par des tableaux de facture remarquable. Outre Le Sermon sur la montagne (1758) d’Antoine Boizot, peintre de l’Académie royale et dessinateur à la Manufacture des Gobelins, nous pouvons citer la Crucifixion (1737) de Jean Restout, directeur de l’Académie royale – signalons que deux tableaux de ce peintre ont déjà été soutenus par La Sauvegarde, L’Adoration des Mages et le Cycle de la vie de saint Pierre, dont la souscription est en cours.
Les chapelles renferment également de véritables trésors : dédiée à Jeanne d’Arc, la chapelle située à l’emplacement de la sacristie originelle, présente un autel en bois peint dont la niche du retable abrite une statue de la sainte au sacre de Reims (1909), œuvre du célèbre sculpteur Antoine Bourdelle.

Vitry-le-François - Collégiale de l'Assomption Fondation La Sauvegarde de l'art françaisLa chapelle Jeanne d'Arc, située à l'emplacement de la sacristie originelle

Une bâtisse en proie aux vicissitudes du temps

En 1793, la collégiale est fermée pour être utilisée comme magasin de fourrage. La Révolution sonne le glas des destructions dans toutes les églises de France : les emblèmes de la royauté et les armes de la ville sont vandalisés. En 1914, lors de la bataille de la Marne entre le 6 et 10 septembre, le bâtiment se transforme en hôpital et accueille plus de 700 blessés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la commune de Vitry-le-François est presque entièrement rasée : seule la collégiale est épargnée – si l’on exclue l’incendie provoqué par un bombardement en 1940, qui détruisit les cinq cloches et le carillon de la tour sud.

Lors de l’hiver 2011, des chutes de pierres sur le parvis de la collégiale alertent la Ville sur la pérennité du bâtiment. Condamnant l’accès à la collégiale jusqu’à nouvel ordre, la commune prend la décision de lancer dans les mois qui suivirent, une campagne de travaux d’urgence visant à purger l’édifice et à le protéger au moyen d’un filet. Des études sont alors menées par l’Architecte en Chef des Monuments Historiques, François Chatillon, pour évaluer l’état de l’édifice et entreprendre un énorme chantier de restauration du massif occidental, à savoir les tours nord et sud et la 1ère travée du corps central dans l’axe de la nef, datant du XVIIe siècle.

Le généreux bienfaiteur de la collégiale : une aubaine pour la restauration

En mai 2008, un donateur souhaitant rester anonyme approche La Sauvegarde de l’Art Français pour contribuer à la restauration de la collégiale Notre-Dame-de-l’Assomption. Investissant plus d’un million d’euros par l’intermédiaire de la Fondation, il permet le lancement de cet énorme chantier.

La restauration prévue en deux phases, poursuivait plusieurs objectifs. Tout d’abord, elle visait à assurer une meilleure étanchéité du clos et du couvert en protégeant les maçonneries saillantes, au droit des terrasses, avec du plomb. Ensuite, la maîtrise d’œuvre planifiait la réparation des maçonneries extérieures, endommagées par le gel, avec de la pierre de Savonnières, matériau d’origine de la construction. Était prévue également la restauration de la coupole intérieure de la tour nord et des éléments en encorbellement – tels que la tribune et les entablements, dont les renforts métalliques avaient fait éclater la pierre sous l’action de l’humidité. Enfin, François Chatillon souhaitait redonner une meilleure cohérence dans l’ordonnance de l’édifice, en ré-ouvrant les deux baies condamnées aux extrémités du massif occidental et en les parant de deux nouveaux vitraux façonnés selon le modèle existant.

Vitry-le-François - Collégiale de l'Assomption Fondation La Sauvegarde de l'art français

Une visite au cœur du Vitryat

Mardi 9 avril 2019, le Président de La Sauvegarde de l’Art Français s’est rendu à la collégiale pour admirer les travaux de restauration engagés. Accueilli par Jean-Pierre Bouquet, premier édile vitryat, Yves Baudin, président des Amis de la collégiale et Frédéric Murienne, ancien Architecte des Bâtiments de France et correspondant de la Sauvegarde pour le département de la Marne, il a pu redécouvrir ce joyau de l’architecture du XVIIe siècle et signer le livre d’or des mécènes. Gérard Tindillière, adjoint aux travaux et Joëlle Serre, conseillère municipale étaient également présents et ont fait de cette rencontre, un réel échange sur le patrimoine vitryat et ses enjeux. Un projet qui n’est pas prêt de s’arrêter…

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